(Answered prayers, 1986)
Traduction : Marie-Odile Fortier-Masek. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
P.B. Jones, alter ego de Truman Capote, nous livre son vécu en première personne. Écrivain raté peu empathique, orphelin, et à tendance bisexuelle, il décrira sa vie mondaine à cheval entre New York, le Maroc et la France, et les rencontres avec des dizaines des personnages extravagants.
Règlement de comptes dans la haute :
Tourmenté et en proie à ses démons depuis la publication de son chef d’œuvre ‘De sang-froid’ en 1966, alcoolisé, médiatisé et banalisé, Capote ne réussit pas à finir aucun roman, et son projet ‘Answered Prayers’, très attendu comme le retour de Capote au grand roman, restera inachevé. Capote se voyait comme Proust et ‘À la recherche du temps perdu’, selon lui, il s’agissait du plus grand roman de sa carrière. Dommage, on ne le saura jamais. À la mort de l’écrivain en 1984, les éditeurs rassembleront les parties existantes du roman pour les publier deux années plus tard.
Mais certaines parties du roman avaient déjà circulé du vivant de Capote, et avaient causé un gros scandale. Capote n’hésitait pas à tirer sur toute cette mondanité et cette haute société dans laquelle il circulait depuis ses années de gloire. Avec son talent et son venin, Truman Capote trace un portrait sombre et impitoyable de la superficialité de ces personnages vains et snobs. Pour son entourage, c’est la goutte de trop. Beaucoup de personnes réelles se reconnurent et Capote fut ostracisé et abandonné par cette même société qui l’avait intronisé. Il ne sera jamais pardonné, Capote mourut sans finir son roman.
Il y a des parties intéressantes et un humour sombre et vitriolique (qui ne fait pas du tout penser au même auteur de ‘La harpe d’herbes’), mais ce roman posthume reste trop décousu et peu solide. Plus qu’une critique acerbe, ce livre constate simplement le dégoût de l’écrivain par rapport à son entourage. Quel gâchis.
Citation :
« Sans doute voulais-je pour femme la ville elle-même, mon bonheur en son sein, ce sentiment que célébrité et fortune s’ensuivraient à coup sûr. Hélas ! ce fut une fille que j’épousai. »








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