(Stoner, 1965)
Traduction : Anna Gavalda. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
William Stoner a commencé des études d’agronomie à l’université du Missouri, avec l’idée de revenir vite pour aider ses parents à la ferme. Trahissant cet avenir tout tracé, Stoner va s’orienter plutôt vers la littérature et finira pour devenir professeur à l’université. Il se fait discret sur sa non-participation à la première guerre mondiale. Commence pour lui une vie grise dans le campus universitaire, pleine de rigueurs auto imposés, seulement secoué par sa passion pour les livres.
Les livres, ça déprime :
Histoire d’un personnage peu extraordinaire, ce fabuleux roman est superbement triste, d’une grande mélancolie malgré la froideur de son personnage central. Le texte est lisse, simple, dépourvu de figures de style trop élaborés, parfois presque aussi gris que son protagoniste. Ce roman aux teints autobiographiques, est un véritable succès de solidité et talent par sa prose épuré et élégante, sans stridences.
Oui, plein de fois dans la lecture de ce roman, vous aurez envie de secouer le protagoniste, presque de le frapper pour qu’il réagisse, qu’il s’exprime, qu’il fasse quelque chose. Or, quand il va réagir, ce sera toujours pour des valeurs abstraites, qui ne lui rapporteront aucun bénéfice, car la discrétion de ce personnage introverti ne va pas l’empêcher d’être cerné par le scandale.
Dans le genre roman ‘Scandale au campus’, il partage la vedette avec 2 autres romans fabuleux qui peuvent compléter la lecture : ‘Disgrâce’ de Coetzee et ‘La tâche’ de Roth.
Citation :
« Il prenait une sorte de plaisir amer et jouissif à ressasser que le peu de connaissances qu’il avait réussi à acquérir jusque-là l’avait mené à cette seule et unique certitude : en définitive, tout, toute chose, et même ce magnifique savoir qui lui permettait de cogiter ainsi, était futile et vain et finirait par se dissoudre dans un néant qu’il avait été incapable ne serait-ce que d’égratigner. »








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