(Los caídos, 2019)
Traduction : Éric Reyes Roher. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Depuis qu’il a rejoint l’armée, Diego culpabilise de pas s’occuper assez de sa mère, Mariana, car elle souffre régulièrement des crises d’une forme grave d’épilepsie. Mariana était professeure mais a dû arrêter ses cours dès que la maladie s’est présentée, et maintenant il est impossible pour elle de vivre sans assistance, car une crise suivie d’une chute pourrait survenir à tout moment. Elle est accompagnée par son mari Armando, un communiste jusqu’au-boutiste qui prend au pied de la lettre les idéaux gauchistes révolutionnaires, mais qui peine à assumer ce qu’il est devenu. María, la fille, semble être la seule à avoir l’esprit pratique, prenant en charge toutes les situations qui se présentent dans cette famille dysfonctionnelle, sans jamais trouver son compte à elle.
Quatre visions opposées de la même famille :
Ce court roman se déroule selon une mécanique narrative assez efficace : À tour de rôle et par chapitre, le fils, la mère, le père et la fille reprennent le rôle de narrateur à la première personne pour nous décrypter une partie de la vie de cette singulière famille, apportant leur propre idiosyncrasie et leurs propres obsessions. Cette vision polyédrique de la narration offre un aperçu élargi des relations entre les quatre personnages principaux et leur entourage, ainsi qu’en lien avec la situation politique et social du pays. Dans ce sens, la réalité cubaine après Castro s’immisce dans le quotidien de cette famille de classe plutôt moyenne, mais touchée par les privations et l’instabilité économique et social.
Le dispositif littéraire des narrateurs alternés est sans doute l’atout le plus intéressant du roman, mais malheureusement cela n’apporte pas autant de perspective que cela, et le récit peine à se centrer sur les sujets qui avance, alourdi par des multiples digressions. Par la métaphore du titre, on sait que l’écrivain veut nous parler de failles qui pourraient faire vaciller les personnages (Le titre en espagnol pourrait se traduire par ‘Ceux qui tombent’), mais j’ai eu souvent la sensation que l’auteur dérivait trop de ce sujet central, sans arriver à transmettre la vision d’ensemble que le mécanisme narratif aurait pu permettre.
Bon et intéressant, mais dans l’ensemble mitigé.
Citations :
« Occupé à rien comme je suis, je n’ai pas la tête pour beaucoup plus. »
« Il est peu d’abîmes comme celui entre boire seul ou accompagné. » (Traductions improvisées)








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