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Littérature Amerique Brésil Graciliano Ramos Vies arides

Vies arides

Graciliano Ramos

(Vidas sêcas, 1938)
Traduction :   Mathieu Dosse.   Langue d’origine : Portugais (Brésilien)
⭐⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Dans le paysage désertique du Sertao brésilien sévit la sècheresse. Soumis dans la misère et le dénuement les plus totales, le fermier Fabiano, sa femme Vitoria, ses deux enfants et la chienne Baleine on prit ses maigres possessions et se sont lancés dans le chemin de l’exode pour trouver un ailleurs meilleur. Ses errances finissent lorsqu’ils s’installent dans une ferme abandonnée, et petit à petit réussissent à se remettent d’aplomb. Fabiano se met au service d’un maître impitoyable qui l’exploite, mais ils n’ont pas d’autres options. Leurs vies tiennent toujours d’un fil, à la limite de la pure survie.

Survivre plutôt que vivre :

Classique incontestable des lettres brésiliennes, ‘Vies arides’ est un court mais dur roman qui témoigne de la misérable vie qui mènent les habitants du sertao, souffrant par la sécheresse, le pénible travail avec les vaches et la tyrannie des puissants qui n’hésitent pas à les traiter pire qu’au bétail. Dénonciation social marquée donc, pour ce récit installé dans un monde inhospitalier régit par la misère, la violence et l’abus de pouvoir, ou à peine est possible de survivre.

Le récit est structuré autour de treize chapitres qui fonctionnent comme des nouvelles presque indépendantes, qui racontent une partie ou un évènement de la vie de cette famille, parfois centré sur un seul des personnages, parfois sur un autre, et même parfois sur la chienne qui les accompagne, proposant un point de vue intérieur différent et marqué pour chacun des membres de la famille.

Le besoin d’une éducation scolaire comme à moyen de pouvoir échapper à la misère et se battre contre l’oppresseur est un thème récurrent évoqué subtilement dans le roman. Malgré que la manque d’instruction de Fabiano l’empêche de s’exprimer, bloque tout passage à une vie plus confortable, et emprisonne sa famille dans cette existence à la limite de l’esclavage, ils ne semblent jamais perdre l’espoir d’un avenir meilleur. Ce futur possible est incarné brillamment par la métaphore du nouveau lit qu’ils souhaitent pouvoir s’acheter.

Belle étude de l’être humain, ses ambitions et ses misères, dans une rude ambiance très réaliste et presque dépourvue de sentiments. Décrit avec une prose dépouillée mais vigoureuse, ‘Vies arides’ dégage un humanisme et une sensibilité remarquables.


Citation :

« S’était-il refroidi avec l’âge ? Avait-il combien d’années ? L’ignorait, mais il vieillissait assurément et s’affaiblissait. S’il avait un miroir, il regarderait ses rides et ses cheveux blancs. Une véritable ruine, un vieux. Il n’avait pas vu venir la transformation, mais il était usé. »

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