Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsieKirghizstan

Djamilia

Tchinguiz Aïtmatov

(Жамийла, 1957)
Traduction : A. Dimitrieva, Louis Aragon. Langue d’origine : Kirghiz
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Lors du travail quotidien de préparation de nourriture pour les soldats au front, un jeune de 15 ans est témoin des débuts d’une romance entre sa belle-sœur Djamilia (l’épouse de son frère, qui est au front, comme la plupart des hommes du village) et Danïiar, un soldat blessé.

La plus belle histoire d’amour du monde :

La plus belle histoire d’amour du monde, ce n’est pas moi qui le dis, c’est un des traducteurs : Louis Aragon. C’est effectivement une très belle histoire d’amour. Dépaysement absolu, l’univers des yourtes et des steppes, des chevaux et des carrioles kirghiz, nous transporte dans un autre univers.

Trois personnages principaux, très bien décrits, très simples. Le quotidien. Un souffle poétique transpire sur toutes les pages de ce roman, si fin et délicat. On est enchanté par la beauté de cette histoire d’amour, si discrète et pudique, et surtout on sent une tendresse irrésistible par son observateur/narrateur, et son passage dans l’âge adulte. Il y a des moments magnifiques, comme le chant de Danïlar, qui nous envoute et nous fait rêver dans le décor somptueux des grandes espaces et montagnes Kirghiz. Ce petit roman a un pouvoir visuel stupéfiant.

J’ai quand même un bémol majuscule avec la traduction. J’ai eu du mal avec plein de phrases tellement la tournure était complexe et impénétrable. Je me demande en quel partie cela est dû à un essai de se coller au maximum au texte original, ou bien ce sont les dérives poétiques du traducteur. En tout cas, on attend une traduction un peu moins sophistiquée, qui puisse s’adapter mieux à ces personnages plus humbles et simples. J’en suis persuadé que ce sera alors un livre d’au moins 4 étoiles.


Citation :

« Et puis je demeurai longtemps couché sur la paille, je regardais le ciel qui s’obscurcissait de nuées et je songeais : “Pourquoi la vie est-elle à ce point incompréhensible et compliquée ? »

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