Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsieBangladesh

Ekusher Galpo (The Story of the 21st)

Zahir Raihan

(Ekusher Galpo, 1955?)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Bengali
⭐⭐⭐

Ce que raconte cette nouvelle :

On croyait Topu mort depuis le 21 de Février de 1952. C’était le jour des protestations du Mouvement pour la langue bengali, qui par la forte répression des autorités du Pakistan de l’Ouest, ébranla le Pakistan de l’Est, futur Bangladesh. Mais Topu est bel et bien de retour. À peine reconnaissable, très effacé et passif, mais tout à fait lui. Sa mère déjà morte, sa femme remariée avec un autre, le retour de Topu laisse perplexe tout le monde, notamment Rahat et le narrateur qui, avec Topu, formaient un trio d’activistes engagés pour les droits de la langue et la culture Bengalis.

Le revenant du 21 Février :

Zahir Raihan fut un écrivain et réalisateur très réputé au Bangladesh, son œuvre se centrant sur le complexe processus de la partition de l’Inde entamé en 1947, et la situation très tendue du Bangladesh qui resta sous le gouvernement du Pakistan jusqu’à son indépendance en 1971. Infatigable activiste pour la culture et la langue bengalies, Zahir Raihan put à peine profiter de l’indépendance récemment acquise par son pays, car il disparut mystérieusement en 1972. Jamais retrouvé, Raihan fut déclaré mort. Cette disparition trace un étonnant parallélisme avec l’histoire de la disparition de Topu, narré dans la nouvelle qui nous occupe : ‘Ekusher Galpo’. La nouvelle commence avec le retour inattendu de Topu, pour revenir en arrière et retracer son parcours et sa disparition le 21 Février 1952.

Les origines de cette journée de revendication nationale, commémorée dans tout le pays, se trouvent dans l’imposition de l’Urdu comme à langue unique après la partition, dans tout le Pakistan, autant l’Ouest (Futur Pakistan) que l’Est (Futur Bangladesh). Après 1947, les étudiants de Dacca s’insurgèrent de cet attentat à leur culture et de cette tentative de génocide culturel, et se rallièrent autour de Abul Kashem, qui représentait une organisation islamique bengali. Ce climat de progressive tension entre les deux parties du Pakistan issues de la partition, déboucha dans la manifestation pour la langue bengali du 21 février de 1952, et la violente répression qui s’en suivit, orchestré par l’administration Pakistanaise. Raihan participa à cette journée historique qui consolida totalement le sentiment national Bengali.

Très belle écriture, remplie d’émotion sans stridences. La traduction anglaise de ‘Ekusher Galpo’, ‘The story of the 21st’, est disponible sur le site du Daily Star (lien ici).

Malheureusement je n’ai trouvé aucun autre écrit disponible du même auteur, du moins traduit dans une de mes langues de lecture (anglais, français, catalan ou espagnol). Je ne suis même pas trop sûr de la date de sa publication, même si 1955 est l’année où il commença à publier la plupart de ses nouvelles, trois années après la journée du 21 février donc.

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