(Titre original manquant, 2021)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Tamoul
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Ensemble de nouvelles de l’auteur tamoul, par la plupart situées dans une ambiance rural ou de banlieue, souvent dans la marge de la société. Les récits tournent autour des préjugés reliés avec les différences de caste et le contraste entre la tradition patriarcale et le monde moderne.
Quotidien dans la marge :
Très beau recueil signé par Perumal Murugan, le plus réputé internationalement des auteurs indiens qui écrivent en tamoul. Peu connu dans l’univers francophone, son écriture est belle, riche et prenante, et se caractérisé par aborder le sujet des castes et la situation de la femme en Inde avec beaucoup de sensibilité et nuances, toujours avec humanisme et réalisme marqués. L’auteur de ‘Le Bûcher’ et ‘Femme pour moitié’ délivre ici un ensemble cohérent thématiquement et stylistiquement. Malheureusement ce recueil n’a pas de traduction française prévue au moment d’écrire ces lignes, mais on peut lire la traduction anglaise de Nandini Krishnan.
Les sujets sont ceux classiques à l’auteur ; les préjugés dérivés de la différence des castes et puis la condition féminine dans un monde encore très marqué par les traditions du patriarcat. Les personnages vivent fréquemment dans la marge, dans un quotidien dur, souvent rempli de violence. Beaucoup des personnages partagent un rapport très conflictuel avec leurs progéniteurs. Murugan décrypte avec finesse et profondeur des conflits résultants d’une mauvaise éducation, ou du manque d’attention des parents défaillants. Le sujet de la famille dysfonctionnelle sous-tend dans la plupart des récits.
Mon histoire favorite est ‘Beloved face’, centrée dans le récit de Saraswati, jeune femme victime des railleries de son entourage par sa peau très foncée. Elle développe une passion secrète par l’étoile du cinéma Arvind Swami, et s’invente une vie en commun avec l’acteur. Cela lui permet de dépasser le harcèlement dont elle est victime mais, au fur et à mesure qu’elle grandit, la réalité et le rêve commencent à se mélanger.
Curieusement beaucoup des récits partagent les prénoms des protagonistes, même s’ils ne sont absolument pas les mêmes personnages. De mémoire cinq récits avaient comme protagoniste un certain Kumaresan, et un Murugesu prenait le rôle principal dans deux ou trois autres histoires. Mais il n’y a pas vraiment pas des liens entre les récits.
Belles nouvelles signées par un écrivain totalement à suivre.
Citation :
« (…) son père n’avait pas d’exigences particulières. Une fille, c’était tout. Muguresu voulait passer son temps à revoir les candidates patiemment. Son père n’avait pas la patience pour cela. »








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