(Titre original pas connu, 2018)
Traduction : F. Imbert-Vier, E. Sethupathy, F. Wahab. Langue d’origine : Tamoul
⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Collection de récits et nouvelles centrés principalement autour de la guerre civile qui a secoué le Sri Lanka depuis les années 80 du 20e siècle, et dont les conséquences dévastatrices semblent continuer, malgré que le conflit soit officiellement terminé en 2009. Certains de ces récits nos mènent en exil en France, où l’écrivain réside après avoir quitté son pays.
Six nouvelles sur le Sri Lanka, le conflit et l’exil en France :
Les nouvelles inclues dans ce recueil ont par la plupart une base autobiographique, peut-être pas dans les faits concrets, mais plutôt dans l’ambiance et le contexte dépeints. Au début des années 80, Jesuthasan, alors adolescent, rejoigne les milices tamoules du LTTE pour participer dans le conflit qui les oppose au gouvernement à majorité cingalaise. En 1986 il quitte le mouvement, lassé de sa dérive terroriste. En 1990, suite à l’invasion de sa région, Allaipiddy, par l’armée du gouvernement cingalais, Jesuthasan fuit le pays pour trouver refuge en France. Depuis lors, il dénonce les barbaries commises autant par le gouvernement Sri-lankais que par le mouvement tamoul du LTTE.
Jesuthasan acquit une certaine notoriété lors qu’il protagonisa le film ‘Dheepan’, réalisé par Jacques Audiard, palme d’or à Cannes 2015 qui retraçait partiellement l’expérience personnelle de l’écrivain/acteur. Jesuthasan est aussi le protagoniste du film ‘Friday and Friday’, réalisé par Satha Pranavan en 2018, adaptant la nouvelle qui donne titre à ce recueil.
Le contexte historique est essentiel dans la plupart de ces nouvelles, et je recommande de se renseigner au préalable car l’écrivain n’a pas la volonté didactique d’éclairer le lecteur peu averti.
La guerre civile sévit le Sri Lanka pendant des décennies, notamment dans les années 80 et 90s et malgré qu’elle conclût officiellement en 2009, elle continue sporadiquement dans un affrontement que semble loin d’être fini. Le conflit opposa la majorité cingalaise bouddhiste, toujours au gouvernement, avec la minorité Tamoul, composé majoritairement par des hindous, mais aussi avec une partie musulmane. Les Tamouls souhaitant un pays indépendant mais n’ayant pas la majorité pour le faire avancer. Cette cause est appuyée par certains groupes à caractère terroriste. La colonie britannique attisa d’avantage le conflit, en favorisant les Tamouls pour des postes de responsabilité et des emplois mieux payés, provoquant tensions et déséquilibres économiques entre les deux populations.
Ces nouvelles sont à mon sens trop vagues et déstructurées, sans éléments littéraires clairs qui permettraient d’aboutir la narration. Souvent l’écrivain s’adresse directement au lecteur pour apporter une précision sur ce qu’il a écrit. Attention, une bonne partie des personnages féminins apparaissent décrits en lien avec les personnages masculins en ne semblent pas exister en tant que tels, notamment dans la dernière nouvelle, où un homme erre de prostituée en prostituée, sans objectif défini.
Plus attrayant par les faits décrits que par la forme littéraire, ‘Friday et Friday’ reste un recueil inégal mais intéressant.
Citation :
“Si en lisant cette histoire, un sourire vous vient aux lèvres à un moment ou à un autre, cela signifie que l’âme du narrateur est d’une insondable noirceur. À moins que ce ne soit vous, cher lecteur, dont l’âme est corrompue. Ou peut-être avons-nous tous deux l’esprit malade. »








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