Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsiePhilippines

How my brother Leon brought home a wife

Manuel Arguilla

(How my brother Leon brought home a wife, 1940)
Traduction :   Pas connue.   Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐

Ce que raconte cette courte nouvelle :

Sur un croisement des chemins de la campagne philippine, le jeune Baldo attend l’arrivée d’une charrette. Son frère Leon lui présente Maria, sa femme, fraichement débarquée de Manille. Fasciné par la beauté et l’évidente bienveillance de la femme, Baldo arrive à peine à parler. Elle approche Labang, le gros bœuf de la famille, et gratte son front avec timidité mais gentillesse. Maria appréhende la connaissance du père de Leon, de peur que le vieux paysan la trouve trop citadine pour son fils.

Le test du beau-père :

Beau, simple et court récit, sur le sujet de l’amour, les préjugés, et l’appréhension de ne pas plaire à l’entourage de la personne aimée. La plupart du récit se déroule entre le croisement des chemins où arrive la charrette avec Maria et la maison de la famille. Malgré que l’écrivain Manuel Arguilla quittât la province pour s’installer à Manille, il resta toujours très attaché au Barrio Nagrebcan en Bauang où il vécut son enfance et jeunesse. Comme dans la plupart de l’œuvre de cet auteur philippin, le paysage jouera ici un rôle essentiel.

La construction de l’histoire est assez intelligente car, même si le narrateur Baldo, le frère cadet de Leon, semble le protagoniste de l’histoire, en réalité son rôle est plutôt celui d’émissaire du père, dont l’ombre se dessine tout le long même s’il est absent physiquement la plupart du récit. Car le père a demandé à Baldo de présenter le bœuf Labang à Maria et de prendre un chemin à travers les champs, tout dans le but de tester les réactions de la femme, suspectée pas apte pour la vie paysanne.

Malgré ses chaussures à talon haut et sa démarche citadine, Maria est franche et adorable, et on n’aura pas besoin de plus de pages pour comprendre que la jeune femme va s’adapter à tout car l’amour du couple est fort et l’engagement est net.

Le récit, récompensé du Prix littéraire de la Commonwealth en 1940, est souvent inclus dans un recueil qui porte le même titre, qui malheureusement ne semble pas disponible en français. Très beau mais c’est dommage que cela soit si court, on aurait envie de faire un peu plus de chemin avec Baldo, Leon et Maria dans la fascinante arrière-province philippine.


Citation :

« Tu aimes Nagrebcan, n’est pas Noel ? »

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