(욕조가 놓인 방, 2006)
Traduction : Choi Mikyung, Jean-Noël Juttet. Langue d’origine : Coréen
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lorsqu’il s’apprête à rentrer dans l’appartement d’une ancienne amante avec l’excuse de récupérer quelques affaires, notre narrateur remémore le moment où ils s’étaient connus : En déplacement professionnel au Mexique ce jeune coréen rencontre par hasard une jeune coréenne expatriée au Yucatan, qui parle parfaitement l’espagnol et l’aide à communiquer avec les locaux. Dans la nuit étoilée au sommet de la pyramide maya du Devin à Uxmal, et puis face à la mer des Caraïbes, une intimité s’installe entre les deux personnes.
De la mer des Caraïbes à une baignoire à Seoul :
C’est un récit simple mais cryptique à la fois. D’un coté il y a très peu d’éléments narratifs : Une liaison qui commence au Mexique et qui est reprise au retour en Corée, suivie d’une séparation et puis d’un retour à l’appartement où le couple se retrouvait. Et d’un autre côté il y a une ambiance étrange, enveloppée de suggestion et mystère, autour de cet appartement vide où trône une baignoire. Parfois le ton est presque onirique et cela peut devenir déroutant. Dans tout le cas il ne faut absolument pas s’attendre à un récit conventionnel.
La narration se fait moyennant un vouvoiement à la deuxième personne du pluriel, elle fait des allers-retours dans le temps, et mélange des évènements passés au développement clair (comme la romance au Mexique), avec un présent beaucoup plus brumeux, où les sensations se présentent tout en délicatesse, mais de façon opaque. Certaines métaphores contribuent à l’étrangeté du récit, lui donnant un côté assez hermétique. Par exemple, l’idée d’un enterrement dans l’eau, aussi paradoxal qu’elle puisse sembler, plane dans le roman presque depuis le début. Bref, parfois c’est perché dans tout le sens qu’un roman coréen peut l’être.
Cela reste quand même beau et poétique, même si sans doute pas pour tout le monde. Il ne faudrait pas trop s’attacher au développement de l’histoire en soi, mais se concentrer plutôt sur les sensations que le roman veut véhiculer.
Déconcertant.
Citation :
« Vous ne savez pas qu’en général l’amour débute par un malentendu (…) Ou plutôt, qu’il y a malentendu parce que vous êtes amoureux. Vous n’avez pas conscience de cette illusion qui fait de vous un amoureux, alors qu’elle est la force fondatrice de votre amour. »








0 Comments