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La mère

Maxime Gorki

(Мать, 1907)
Traduction : Serge Persky.   . Langue d’origine : Russe
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Russie, dans un quartier industriel à la fin du Tsarisme. Pélagie Vlassov, une mère dévouée, est inquiète par son fils, Pavel, dont les idées socialistes prennent une tournure de plus en plus révolutionnaire. La mère fera des efforts pour comprendre ces idées nouvelles de fraternité et justice, et essayera de s’ouvrir à l’univers de Pavel et ses camarades. D’abord timidement, puis de façon affirmée, elle réalisera l’exploitation dont le peuple ouvrier a été victime. Quand Pavel sera arrêté par la justice, Pélagie n’hésitera pas à prendre les choses en main et commencera à distribuer des tracts dans l’usine, continuant ainsi la tâche de son fils.

Le courage d’une mère dans la Russie prérévolutionnaire :

Ce roman, publié 10 années avant la révolution qui conduit à la chute du régime des tsars, acquit très vite une réputation internationale inouïe. Courageux et osé pour son époque, il est souvent critiqué par son côté pamphlétaire et unidimensionnel, rapprochant injustement l’œuvre de Gorki du Staline, qui arriva aux sphères du pouvoir deux décennies plus tard. Dans tous les cas, la critique sans appel du tsarisme, et l’idéologie socialiste très marquée du livre, peut sembler peu nuancée de nos jours, à la lumière de l’histoire du mouvement révolutionnaire et du communisme en Russie.

Mis à part le volet politique du roman, reste un portrait absolument fascinant d’une mère, qui d’abord par amour à son fils et puis par vraie conviction, prend des engagements qu’aucune femme de son âge et extraction sociale n’avais jamais pris auparavant. Veuve d’un homme violent et peu cultivé, la vieille dame, inspiré par le courage de son fils, se propose de se donner une éducation. Elle apprend à lire et éveille sa propre conscience. Le roman devient alors d’un féminisme puissant et novateur.

Malgré quelques longueurs et l’absence de nuances dans l’idéologie qui véhicule, ‘La mère’ reste un roman visionnaire et unique, portée par un personnage central touchant et fort.


Citation :

« Les enfants, le plus pur de notre sang, les morceaux de notre cœur, qui nous sont chers par-dessus tout, sacrifient leur liberté et leur vie, ils périssent sans regret pour eux-mêmes ; que ne ferais-je donc pas, moi qui suis mère ? »

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