(2020)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman autobiographique :
Le cinéaste Cambodgien Rithy Panh retourne au Cambodge avec l’intention de trouver les sépultures de ces parents, ses sœurs et d’autres membres de sa famille disparus lors des années de la terreur de Pol Pot et les Khmers rouges. Avec l’aide de l’écrivain Christophe Bataille, le récit raconte ce rendez-vous avec un passé marqué par l’horreur et l’insoutenable, rajoutant des témoignages des personnes que Rithy Panh retrouve lors de ce périple, parfois même des anciens Khmers rouges.
Rendez-vous avec le passé et la mort, à la recherche de l’apaisement :
Rithy Panh a seulement onze ans lorsque Pol Pot, à la tête des Khmers rouges prend le pouvoir au Cambodge et instaure un régime de terreur qui s’étendra entre 1975 et 1979, année où les vietnamiens libèrent le pays. Pendant ces quatre ans abominables qui ont décimé environ 20 per cent de la population Cambodgienne, le jeune Rithy Panh sera envoyé dans un camp de travail dans la campagne. À travers la Thaïlande il réussit à s’exiler en France où, depuis, consacre sa vie au cinéma documentaire, s’attachant à retracer ce passé douloureux.
Ce livre témoigne du retour au pays de son enfance, sur les traces des membres de sa famille morts pendant la terreur. Le récit est forcément dur et poignant, mais avec la collaboration de l’écrivain Christophe Bataille, il y a une volonté d’apporter un air poétique au récit, tout en écartant le dramatique et le pathos. ‘La paix avec les morts’ est sans doute intéressant par son contenu, notamment si on connait ou on a visité le pays, notamment le terrible S21, qui apparait inévitablement dans le récit. Tuol Sleng fut une école avant de devenir le bâtiment de la mort, le S21, centre de torture et extermination pendant la terreur des Khmers rouges, que depuis a été reconverti en musée de la mémoire.
D’un point de vue strictement littéraire je suis resté un peu sur ma faim, car la narration ne semble pas avoir de structure claire et, à mon sens, l’ensemble est beaucoup trop décousu. Son intérêt sied plutôt dans l’accompagnement de ce douloureux retour au passé traumatique du cinéaste en quête de l’apaisement, pour lui et pour les disparus.
Citations :
« Je sais. On dit que notre maison est construite sur les morts. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J’insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n’a pas peur, on les connaît. »
« Il y a l’écriture de la négation. Il y a l’oubli, l’esquive, le chagrin, la colère. Et il y a de la paix. »
« Nous cherchons les tombes dans la campagne, non loin du village – comme deux aveugles, les mains tendues à travers le passé. »








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