Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsieInde

Le Dieu des petits riens

Arundhati Roy

(The God of Small Things, 1997)
Traduction : Claude Demanuelli. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Inde. Rahel revient dans le pays de son enfance, suivant les traces de son frère jumeau, Estha, lui aussi revenu dans le village. Rahel remémore les souvenirs de son enfance commune et les évènements tragiques qui ont motivé la séparation des deux jumeaux, et qui ont imprimé dans tous les deux un traumatisme indélébile.

Le désordre de la mémoire :

Dès le départ ce roman est assez chaotique. On nous demande des efforts pour entrer dans le récit, qui part dans plusieurs lignes narratives autant dans le passé que dans le présent. L’idée étant que le récit suive d’une façon naturelle le fil des souvenirs de Rahel. Cette linéarité éclatée est probablement une des parties les plus intéressantes du roman, malgré que cela fait que la narration devienne assez complexe et, par moments, difficile à suivre.

Un autre des atouts de ‘The God of Small Things’ est l’ambiance. Le livre est plein de petits détails qui vont nous montrer le côté réel et quotidien de l’Inde, ils vont créer des images, des sons, des odeurs, des émotions, qui vont nous permettre de visualiser les espaces et les personnages et vont nous placer au cours de l’action.

C’est un roman bien émotionnel, dramatique, qui cependant, garde toujours une certaine distance, une pudique retenue avec ses personnages. Il traite de façon affirmée plein de thèmes de poids : La condition des femmes, le système de castes, les enfants soumis aux adultes, la violence.

Parfois je pense que le côté non linéaire du récit et les difficultés de lecture ont nuit l’histoire, mais c’est tout aussi possible que cela soit moi (On verra cela dans une deuxième lecture). En tout cas, une belle et percutante histoire, narrée avec grand talent, qui cependant m’a laissé assez froid littérairement parlant.


Citation :

« Toutes les familles connaissent ça : chacun appuie là où il sait faire mal, comme un docteur un peu sadique. »

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *