(Laskar Pelangi, 2005)
Traduction : Marie-Pierre Bay, Nicolas Castelnau-Bay. Langue d’origine : Indonésien
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Province de Sumatra, Indonésie. Dans un village misérable de l’île de Belitung, une petite école gérée par deux professeurs dévoués, est menacée de fermeture. Pour se maintenir il faut un minimum de dix étudiants, mais dans cette région très pauvre les familles ne peuvent pas se permettre d’envoyer les enfants à l’école, et ils sont contraints de les envoyer travailler très tôt. Entourée par des gisements d’étain, l’école résiste tant bien que mal l’approche des machines d’extraction de minerais.
Plaidoyer pour l’éducation face aux injustices :
Ce récit à l’inspiration clairement autobiographique est un plaidoyer très touchant contre les inégalités face au droit à l’éducation. Grace à ces deux professeurs ultra motivés et dévoués, malgré les incroyables difficultés de leur mission, ces dix enfants misérables apprennent bien plus que des mathématiques. Ils devront redoubler de courage et d’intelligence pour trouver le moyen de sauver leur école. Cette poignée d’enfants des familles très humbles se battent contre tout pour leur propre éducation, et essayent comme ils peuvent, d’attirer l’attention de ceux qui doivent statuer sur leur destin.
Tandis que les enfants de riches vont à l’école de la PN, une institution du gouvernement qui exploite les gisements d’étain, où ils profitent de toute sorte de moyens et de facilités, nos enfants miséreux n’ont ni la structure ni le budget pour les affronter dans les concours scolaires de la région. Mais tout cela sans compter avec le talent et la volonté de nos enfants protagonistes. Avec l’intelligence de Lintang, la créativité de Mahar ou la perspicacité du narrateur Ikal, sans doute un reflet du propre écrivain, notre groupe fait face à toutes les épreuves avec vaillance et aplomb. Parmi la troupe chaque lecteur trouvera ses favoris, mais ils sont tous des personnages bien marqués et touchants.
Le moteur du livre et son thème central est l’idée que l’école peut sauver des vies. Il n’y a pas énormément d’action, la plupart du roman retrace le quotidien journalier dans l’école, en s’attaquant ponctuellement aux aventures qui vit notre troupe de l’arc-en-ciel, et aux menaces qui entourent l’école. Le récit ne désigne pas forcement les coupables, et évite sagement de tomber dans le pamphlet, le manichéen et les ficelles narratives faciles ou larmoyantes. Le roman ne prend aucun parti ni propose vraiment des solutions miracle aux problèmes sociales qui présente, mis à part l’école, l’école et l’école.
Dans les mots de l’auteur, le livre est décrit comme « une ironie sur le manque d’accès à l’éducation pour les enfants dans l’une des îles les plus riches du monde ». Le succès colossal du roman entraina la publication de trois suites : Sang Pemimpi (Le rêveur, 2006), Edensor (2007) et Maryamah Karpov (2008).
Bien plus qu’un roman feel good, ‘Laskar Pelangi’ est un récit émouvant et nuancé qui réfléchit intelligemment sur les inégalités sociales et sur le pouvoir de l’éducation pour dépasser le destin.
Citation :
« Je remplirai moi-même ce formulaire plus tard, Ibunda Guru, quand j’aurai appris à lire et à écrire ! »








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