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Les Sept Pendus

Leonid Andreïev

(Рассказ о семи повешенных, 1908)
Traduction : Serge Persky.   . Langue d’origine : Russe
⭐⭐⭐

Ce que raconte cette novella :

Russie, premières années du XXe siècle. Un groupe de terroristes essaient d’assassiner un ministre du gouvernement. La tentative d’attentat échoue et les cinq terroristes, trois hommes et deux femmes, sont jugés et condamnés à la peine de mort, avec deux autres hommes. Les sept attendent en prison la date de leur pendaison, avec différents états d’esprit.

Derniers jours avant la pendaison :

Pour ce court roman, Andreïev s’est inspiré d’un fait réel, arrivé en 1906, pour proposer une réflexion sur l’être humain face à l’échéance finale. Entre le jugement et la pendaison, le roman suit les derniers jours de vie de ces sept personnes, face à la certitude de la mort.

À différence du ‘Le dernier jour d’un condamné’ de Victor Hugo, qui traitait un sujet similaire, ‘Les sept pendus’ ne fait pas vraiment un plaidoyer contre la peine de mort. Même certains des personnages semblent embrasser leur destin et à aucun moment on fait un jugement moral sur l’absurde d’ôter la vie à quelqu’un. Le sujet du livre n’est pas la mort non plus, mais plutôt l’état d’esprit face à la date inéluctable. Dans ce sens, le travail psychologique de ‘Les 7 pendus’ est remarquable et structure ce roman atypique. A chaque chapitre, on va se centrer sur l’état psychologique d’un des condamnés à mort.

Malgré son mépris de l’humain, Werner assume son destin avec résignation et dignité, Vassili hésite et sombre devant l’imminence, hurlant à tout va qu’il ne faut pas le pendre, Golovine voit sa mort certaine comme une annonce porteuse d’espoir et délivrance, le fermier Yanson se braque dans la négation du fatal dénouement, et la courageuse Moussia se centre sur l’aide aux autres, oubliant sa propre condamnation. Chaque personnage aura un positionnement différent face à l’inexorable, et le roman décortiquera le côté psychiatrique de ce qui s’en découle. 

Il y aurait peut-être manqué un peu plus de pages pour accentuer le développement psychologique des personnages, mais la novella est en soi est très belle et aboutie. Attention c’est triste, triste, triste.


Citations :

« Et la prison continue à vivre sa vie spéciale, aveugle, vigilante comme une inquiétude perpétuelle. On marche. On chuchote. Un fusil résonne. Il semble que quelqu’un crie. Est-ce vérité ou hallucination ? »

 

« La vie et la mort marchaient simultanément sur deux plans, et jusqu’à la fin, jusque dans les détails les plus risibles et les plus stupides, la vie restait la vie. »

 

« Une étrange torpeur enveloppa les condamnés. Ils ne souffraient pas. Ils semblaient vivre une vie inconsciente. Leur être sensible était absent ; seul son fantôme se mouvait, parlait sans voix, marchait en silence. »

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