Littérature des 5 continents : Arménie・Asie

Rouge

Hovik Afyan

(կարմիր, 2020)
Traduction : Anahit Avetissian.     Langue d’origine : Arménien
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Après plus de vingt années de mariage, Aram et Arous entament un voyage vers la frontière avec le Haut-Karabakh, où le conflit fait rage. Dans leur voiture rouge, le couple doit faire le point sur l’état de son mariage et prendre une décision sur continuer ensemble ou revenir et se séparer. Alors qu’ils trouvent des victimes du conflit, leur histoire s’entremêle avec celle d’autres arméniens.

Histoire chorale dans une Arménie face au conflit :

‘Rouge’ est un récit assez décousu, qui mélange plusieurs récits entre deux époques nommées 199X et 20XX. Le lecteur qui n’est pas très calé en histoire Arménienne risque de s’égarer, car les chapitres s’enchainent sans références claires des liens entre les personnages et les époques. Même si le roman est relativement choral, le centre de l’histoire est la relation entre Aram et Arous, lui artiste peintre, elle danseuse à ses heures. Mais j’ai la sensation que derrière l’histoire de ce couple et leur voyage vers la frontière, se cachait une métaphore dont je n’ai pas saisi le sens. Le rouge du titre est omniprésent dans le récit, mais pareil, je ne suis pas sûr de quel est sa fonction symbolique dans la narration. C’est peut-être la traduction, mais c’est aussi possible que certains lecteurs, comme moi, ne soient pas assez ouverts pour un roman de ces caractéristiques. 

L’histoire du Haut-Karabagh, région arménienne revendiquée par le Azerbaïdjan (qui la contrôle de facto depuis 2023) a été secouée par un conflit très complexe qui est en cours depuis l’époque soviet. Malheureusement la lecture de ce roman n’apporte pas des clés de compréhension pour le lecteur lambda intéressé.

Malgré la tonalité très sombre du récit, l’écriture est très belle, mais je suis passé totalement à côté de cette lecture.


Citation :

« Tous les deux gardaient le silence. Parce qu’ils s’aimaient, ou parce que l’amour avait pris fin, comme le territoire d’un petit pays. Aram et Arous, mariés depuis seulement, ou plutôt depuis déjà vingt-trois ans, étaient arrivés à la limite à la fois de leur amour et de leur pays. »

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