Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsieChine

Six récits au fil inconstant des jours

Shen Fu

(浮生六記, 1877)
Traduction : Pierre Ryckmans. Langue d’origine : Chinois
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Il ne reste que quatre des six récits originaux :

I. Souvenirs heureux : La vie conjugale. On explique le quotidien de ce mariage heureux formé par Chen Fou et Yun, leur vie paisible, constituée de travail, honnêteté et des petits plaisirs

II. Souvenirs Exquis : Les heures oisives. On nous parle des loisirs de Chen Fou, ses agréables souvenir d’enfance, ses compositions de poèmes et sa passion pour les fleurs et le jardinage.

III. Souvenirs amers : Les épreuves. Les problèmes d’argent et les difficultés du ménage avec les parents de Chen Fou, se mélangent à la maladie de Yun.

IV : Souvenirs allègres. Les insouciantes excursions. Un inventaire des excursions qui Chen Fou fut le long de sa vie.

Quatre récits plutôt :

Les deux derniers récits sont malheureusement perdus (ou bien ils ne furent jamais écrits). On sait qu’ils traitaient d’un voyage au Japon et du sentiment religieux.

La date de finition du quatrième récit est 1808, donc normalement le roman fut achevé quelque part après cette date. Le livre ne fut publié de son vivant, mais plus de 50 ans après sa mort, quand le manuscrit fut trouvé, en 1877. Son fabuleux succès doit beaucoup au fait qu’il traite de la vie de gens simples dans leur quotidien, expliqué d’une façon pas recherché et très accessible. Il s’agit d’un récit autobiographique dans lequel le narrateur nous raconte sa vie à la première personne, de façon factuelle et sans fioritures.

Dans la première page l’écrivain nous décrit son parti-pris :

« Malheureusement, comme j’ai trop tôt abandonné l’étude, ma formation est des plus médiocres ; Aussi je me contenterai de narrer tout bonnement la simple réalité de mon cœur et des choses, sans autre souci d’enjolivure. Qu’on ne cherche pas ici nulle élégance de style : Ce serait demander l’éclat à un miroir sans tain. »

Ces quatre récits font un ensemble sympathique mais décousu et très irrégulier, le deuxième volume passe des pages à analyser des compositions florales, le quatrième volume est assez long et il nous raconte principalement des excursions sans aucun intérêt littéraire particulier, mis à part une incartade de Chen Fou. Le premier et le troisième chapitre, les plus intéressants, sont centrés sur la relation de Chen Fou avec son épouse, une femme atypique pour l’époque. On suivra le quotidien de ce couple heureux le long de plus de vingt ans. Un témoignage plein de tendresse, de l’inébranlable amour que le narrateur sent pour sa femme Yun.


Citation :

« Auprès de vous, les plus simples vêtements me tenaient chaud, et dans la douceur de notre abri, je me suis toujours sentie comblée (…) Notre audace a du offenser le Créateur qui, en châtiment, nous a accablés de tous les maux qui guettent les amants, tout cela parce que vous fûtes l’époux trop tendre d’une femme que le sort ne destinait pas à tant de bonheur. »

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