Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AsieThaïlande

Sonne l’heure

Chart Korbjitti

(เวลาเวลา, 1993)
Traduction :   Marcel Barang.   Langue d’origine : Thaïlandais
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Un directeur de cinéma assiste à une représentation théâtrale, réputée être la pièce la plus ennuyeuse de l’année. Sur scène, un asile pour des vieilles femmes, abandonnées de leurs familles. Chaque mamie a son lot de solitude, ses manies et ses petits émois, mais les infirmières offrent un cadre plutôt bienveillant. Pas grand-chose se passe sur scène, le temps passe. Le réalisateur alors imagine comment il pourrait insuffler de la vie à ce cadre figé, utilisant les artifices de la narration cinématographique.

Tempus fugit dans un asile pour grand-mères thaïlandaises :

C’est un roman frais et résolument original, notamment par la mise en abime du récit, qui passe de la description de la scène à l’imagination cinématographique du cinéaste qui assiste à la représentation. Mais en soi, le roman ne semble pas approfondir dans les sujets évoqués et on a la sensation de ne pas savoir exactement ce que l’écrivain veut raconter. Curieusement cette problématique du récit est évoquée par le réalisateur, mais quand il parle de la pièce de théâtre (voir citation). Sans voir un objectif clair, il sera toujours hésitant entre juger la pièce avec bénévolence ou s’irriter par la perte de temps et la prétention vide qui se dégage de la scène. Le lecteur aura peut-être un dilemme similaire : Bénévolence ou ennui.

J’avoue pencher plutôt vers la deuxième possibilité. Il n’y a pas vraiment de sujet, même s’il y a un regard de tendresse dirigé vers l’être humain au bord de la mort, et l’écrivain profite pour faire une réflexion sur la vieillesse et le passage inexorable du temps. La translation entre les deux moyens de représentation, théâtrale et cinématographique, s’épuise rapidement au bout de trois ou quatre passages, vu qui ne rajoute pas forcement aucune nuance nouvelle aux sujets traités. À mon sens la narration est victime de son propre dispositif et le récit finit pour s’avérer plutôt creux.

Globalement, cela pourrait se situer dans beaucoup des endroits de la planète mais la présence de certains aspects de la famille et de la société thaïlandaise peut apporter un certain intérêt et dépaysement. Mais autre cela, le récit ne m’a pas transcendé, et par moments est vraiment aussi ennuyeux que la réputation de la pièce elle-même.


Citations :

“Je ne sais pas combien de minutes se sont écoulés, et pourtant je n’arrive toujours pas à voir quelque chose qui ait le mérite d’être regardé. Seulement que tout le monde prend une douche. (…) Je n’ai aucune idée de ce qui veulent expliquer au public. » (Traduction improvisée)

 

« Il n’y a rien ! Absolument rien ! »

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