(Khanglang Phap/ข้างหลังภาพ, 1937)
Traduction : Marcel Barang. Langue d’origine : Thaï
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le jeune thaï Nopporn finit ses études au Japon, lorsqu’un haut fonctionnaire de Thaïlande arrive dans le pays accompagné de sa ravissante épouse, la princesse Kîrati. Nopporn est chargé d’accompagner Kîrati lors de ses visites et veiller à qu’elle découvre le Japon et sa culture. Petit à petit, à coup des conversations sur l’art et la société, se tisse entre les deux une attraction mutuelle qu’ils n’arrivent pas à s’avouer.
Histoire d’un adultère qui peine à se concrétiser :
‘Sur le mont Mitaké’, curieuse traduction du titre original ‘Derrière le tableau’, propose une narration assez efficace centrée sur un amour impossible, explorant les effets de la distance et le passage du temps sur une relation marqué d’emblée par un certain déséquilibre. Nopporn, jeune étudiant au début du livre, est complétement fasciné par la princesse Kîrati, son ainée de quinze ans et mariée avec un homme de sa connaissance, qui charge Nopporn d’accompagner sa femme dans des promenades, pendant qu’il gère des affaires.
Leur idylle se déroule au Japon, pays de prédilection pour des étudiants aisées et destination classique pour les familles de la bourgeoisie thaï en séjour à l’étranger. Entre les cerisiers et les paysages nippons, Nopporn et Kîrati se rapprochent, ouvrant la porte d’un possible adultère au fur et à mesure que leurs sentiments se développent. Mais l’ombre du futur retour en Thaïlande de la princesse marquera leur relation d’une date de caducité, la teignant d’une urgence tragique. Puis la distance et le temps feront évoluer leur rapport d’une façon inévitable, mais je vous laisse découvrir.
C’est un roman très pudique, toujours dans la retenue, qui se déroule presque sans aucun élan passionnel malgré le sujet de l’amour interdit. N’oublions pas qu’il fut publié en Thaïlande en 1937, époque où l’adultère devait sans doute être évoqué de façon indirecte ou suggéré. Un air du romancier britannique Somerset Maugham plane sur le récit, notamment dans le contraste entre les personnages, mais aussi par la sophistication intellectuelle de leurs rapports, la subtilité des émotions et la fragilité de leur lien. C’est intéressant en tant qu’aperçu de la mentalité asiatique des années 30, et le récit est beau en soi, même si un peu désuet.
Citation :
« Laisser ses pensées s’égarer n’est pas bon (…). Si je n’avais rien d’utile à quoi penser, je ne pourrais penser qu’à des choses inutiles ou dangereuses. C’est tout naturel. Et je puis dire que, vu mon amour pour l’art, ce dernier est devenu mon meilleur ami. »








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