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Littérature Asie Japon Toshikazu Kawaguchi Tant que le café est encore chaud

Tant que le café est encore chaud

Toshikazu Kawaguchi

(コーヒーが冷めないうちに, Kohi ga Samenai Uchi ni, 2015)
Traduction : Miyako Slocombe. Langue d’origine : Japonais
DNF (lecture non finie)

Ce que raconte ce roman :

On dit que dans le petit café Funiculi Funicula, on peut voyager en arrière dans le temps le temps d’un café. Quatre femmes vont essayer l’expérience, tout en sachant que le passé ne pourra pas changer le présent, et surtout qu’il faudra revenir au présent en buvant son café tant qu’il est chaud.

Platitudes feel good :

‘Tant que le café est encore chaud’ est un petit roman sympathique et sans prétentions qui a très peu de littérature et beaucoup de feel-good. Je ne sais pas ce qui m’a pris quand j’ai décidé de lire cela, car on est clairement dans une light novel très très très light. C’est vraiment léger, tellement que je n’ai pas pu dépasser la première histoire des quatre qui complètent l’ensemble. Et pour être honnête, je doute fort que le mérite littéraire se relève après dans les histoires suivantes. En gros, le voyage dans le passé doit nous faire réfléchir sur le présent pour envisager un futur meilleur.

Le café doit être bu chaud. Pourquoi ? Tout simplement pour que l’intrigue puisse se suivre, aucune autre raison n’est avancée (peut-être ce choix se justifie après ?). Cela aurait pu être un café comme une bière, ‘Tant que la bière est froide’ aurait fonctionné pareil. Cela n’a pas trop ni queue ni tête, c’est du fantastique sans profondeur. La femme que veut voyager dans le passé doit d’abord déloger une femme fantôme qui occupe la place assignée, mais cela n’entraine pas vraiment aucune réflexion ni profondeur, c’est seulement un point de la narration que le lecteur doit cocher pour que l’intrigue se tienne et avance. Peut-être que l’histoire de cette femme fantôme doit venir vers la fin, mais… ce sera sans moi.

On ne peut pas changer le passé, mais dans le futur tout est encore possible. L’idée est vraiment naïve, c’est quelque chose qui aurait pu être le point de départ d’un manga pour adolescents genre ‘Death note’. Mais, converti en livre, cela en devient moins intéressant. Ce que dans un roman graphique aurait pu fonctionner par son côté visuel ou esthétique, sombre ici dans l’inanité par son manque de finesse et de pouvoir de suggestion. C’est d’une sensiblerie mièvre à souhait. Toutes les ficelles narratives sont appuyées d’une façon grossière, sans la moindre subtilité, avec le but d’atteindre l’émotion facile. Tout le langage est direct, on a que ce qu’on nous montre, rien de plus au-delà des mots.

Ce roman creux au positivisme naïf a quand même conquis le cœur des millions de lecteurs dans le monde, donc je loupe certainement quelque chose. Au moins cela n’a pas trop de prétentions, c’est déjà ça. C’est un peu comme ces courts vidéos feel-good qui remplissent les réseaux sociaux, et qui montrent le côté positif des êtres humains. Ces micro court-métrages sympathiques mais poussifs et larmoyants, qui brillent par leur manque de qualité cinématographique mais nous donnent de l’espoir facile, et nous réconcilient avec les bons sentiments de l’être humain.

‘Tant que le café est encore chaud’ est un peu cela, un moyen facile pour redonner de l’espoir. Tant mieux, on en a besoin. C’est peut-être apaisant et thérapeutique. Mais de la littérature ? Certainement pas.


Citation :

Puni. Pas de citation.

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