(銀河鉄道の夜, Ginga tetsudō no yoru, 1934)
Traduction : Hélène Morita. Langue d’origine : Japonais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Pour la nuit des étoiles lors de la fête du Centaure, les enfants feront flotter dans la rivière les lampions qui ont fabriqués avec des plantes trichosanthes. Giovanni, jeune enfant qui peine à trouver sa place en classe, contemple le paysage d’en haut, puis il se retrouve sur un étrange train qui traverse la rivière du ciel direction la voie lactée. Dans le train Giovanni retrouve un camarade de classe, un gardien d’oiseaux et d’autres personnages extravagants et inconnus qui n’ont pas une idée claire de leur destination.
Voyage poétique et onirique :
Les trois récits qui forment part de ce recueil commencent de façon relativement réelle, pour plonger de plus en plus dans l’imaginaire et le fantastique. L’univers de Miyazawa est fortement onirique et demande au lecteur de faire un saut dans le vide pour pouvoir adhérer à son parti pris. Lâcher prise est indispensable pour pouvoir rentrer dans ce monde fascinant et poétique, dans lequel la nature et le rêve s’entremêlent, apportant leur côté mystique et spirituel.
Le récit le plus long et intéressant est sans doute celui qui donne titre au recueil, et dans lequel un voyage en train vers les étoiles permet à l’écrivain de réfléchir de façon suggestive sur la mort et l’au-delà. Le réalisateur Hayao Miyazaki s’en inspira largement dans son œuvre, notamment dans la dernière partie de son anime ‘Le voyage de Chihiro’. On retrouve souvent chez le cinéaste nippon ce même univers étrange, insaisissable et profond.
‘Train de nuit dans la voie lactée’ s’accompagne de deux courts récits : Dans ‘Gauche le violoncelliste’ un musicien qui manque de talent trouve l’inspiration dans une série de visites surprenantes, qui lui font comprendre le vrai pouvoir de la musique. Dans ‘Matasaburo, le fils du vent’ une classe d’un village montagnard donne la bienvenue à un nouvel élève, Saburo. Petit à petit la présence du garçon semble s’accompagner de phénomènes naturels surprenants, et ses camarades s’interrogent : serait-il Matasaburo, le fils du vent ?
Très bons récits, sans doute un peu décousus, mais tout de même intéressants par l’univers très énigmatique de l’auteur. L’écriture de Miyazawa dégage un fort sentiment de spiritualité, tout en restant cohérente et unique.
Citations :
« Mais il avait beau regarder longuement le ciel, il ne pouvait imaginer que c’était un lieu vide et glacé comme l’avait dit le maître ce matin. Bien au contraire, plus il le regardait et plus il croyait qu’il y avait sûrement là-bas des champs, des petits bois, des pâturages. »
« Cela ne fait rien si l’on ne va pas au Ciel ! Notre maître nous avait dit que nous devions créer nous-mêmes sur place un lieu beaucoup plus beau que le Ciel ! »








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