(1990)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce récit autobiographique :
Dans ce roman d’autofiction, Hervé Guibert raconte sa vie dans les années 80, sa contamination par le virus du SIDA, les débuts de sa maladie, sa tendre amitié avec le philosophe Muzil (Sosie de Michel Foucault), et la dégradation de la santé de ce dernier, malade du SIDA. Puis la relation avec son ami Bill, qui lui promet de bénéficier d’un nouvel traitement américain qui lui sauverait la vie.
Témoignage prenant sur le SIDA et les préjugés de la société :
Bouleversant de réalité et écrit avec courage, violence et talent, ce livre ne laisse pas indiffèrent. Témoignage d’un homme et d’une maladie qui aurait marqué les années 80 d’un teint sombre, effaçant ce côté insouciance auquel on pense qu’on on remémore ces années-là.
L’agonie de son ami Muzil, décrite sans épargner détails mais avec une grande tendresse et sensibilité, sera le tournant de ce récit. Le moment ou notre protagoniste se verra lui-même face à l’abîme (voir citation ci-dessous). S’accrochant à n’importe quel espoir promis, Guibert ne calculera les possibles trahisons et négligera les faux-semblants qui ont accompagné cette maladie presque dès le départ. L’hypocrisie de la société et les jugements qui ont souffert les personnes touchées sont présentes dans ce récit, et témoignent de la double peine qu’ils ont dû endurer.
Le sujet principal de ce roman serait la mort, l’être humain face à la mort. Réflexion très lucide et sans fastes, avec une rage qui pourrait nous faire penser au récit de Tolstoï ‘La mort d’Ivan Ilitch’, avec des styles bien différents bien sûr. Le livre réfléchit aussi sur la valeur de l’amitié, et la comparaison entre la vraie et la fausse. Malgré un style recherché et littéraire, le langage est sec et directe, les émotions sont très vives et la violence verbale et psychologique contenue dans ses pages peut incommoder certains. Il fit scandale à l’époque, mais ce n’est qu’un récit cru et simple de la réalité vécue par Guibert.
Citation :
« Car ce n’était pas tant l’agonie de mon ami que j’étais en train de décrire que l’agonie qui m’attendait, et qui serait identique, c’était désormais une certitude qu’en plus de l’amitié nous étions liés par un sort thanatologique commun. »








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