(Abel Sanchez, 1917)
Traduction : Robin Lefere. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Joaquin, docteur respecté, a grandi toujours à côté de son ami Abel, un artiste peintre talentueux et très connu. Joaquin a toujours éprouvé de la jalousie du succès d’Abel et envisage faire des découvertes scientifiques qui devraient faire monter son prestige au-dessus de celui de son ami. Lorsque Abel s’approche d’Helena, la femme dont Joaquin est secrètement amoureux, tout son monde vacille.
Caïn et Abel :
Dans ‘Abel Sánchez’ Unamuno revisite l’histoire biblique de Caïn et Abel pour décortiquer le sujet de la jalousie à l’appui de l’histoire de deux amis très différents, dont leurs vies sont présentées comme des images qui se regardent dans un miroir, en opposition permanente. Les références bibliques sont éparpillées le long de la narration, qui se structure autour de l’idée que le succès d’Abel cause la détresse de Joaquin (Caïn). Plus Joaquin se morfond dans la jalousie à l’égard d’Abel, plus Abel semble indifférent, comme s’il ne se rendait même pas compte, ce qui exaspère davantage Joaquin, et nourri le cercle vicieux qui le mène vers la haine.
Le récit prend le point de vue de Joaquin, selon lequel la vie d’Abel est absolument idéale et merveilleuse, même si on ne sera jamais complètement sûrs qu’il ne s’agisse d’une version filtrée par la jalousie maladive de Joaquin. En réalité, on ne sait pas grand-chose d’Abel, rien de concret et réel, on connaîtra seulement l’image reflétée dans le miroir de haine qui voit Joaquin. Du coup, on ne saura jamais si la descente aux enfers du protagoniste sera motivée par une réalité quelconque, ou bien tout sera le fruit d’une ancienne blessure jamais cicatrisé.
Solide, même si le côté métaphysique de l’œuvre est moins intéressant et peut-être pas aussi abouti que dans autres œuvres du génie espagnol.








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