(Goodbye Berlin, 1939)
Traduction : Ludmila Savitzky. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Berlin 1930. Herr Issywoo (sosie non dissimulé d’Isherwood) est un écrivain britannique qui loge dans une pension remplie de personnages hauts en couleur. Son témoignage sur la ville de Berlin et ses habitants nous montrera un portrait polyédrique d’une société très permissive qui ne s’attend pas aux abymes qui s’approchent. Isherwood sera comme « une caméra braquée, absolument passive, qui enregistre et ne pense pas. »
Berlin la belle époque :
Le narrateur, donc, nous présente son témoignage distant, plutôt chaotique. Il s’agit d’une description de l’ambiance qui l’entoure et des personnages qui peuplent la ville, mais sans jugement ni parti pris. C’est la société berlinoise toute entière, avec ses défauts et sa décadence, qui est ciblée.
Recueil de courtes nouvelles d’irrégulière qualité, unies par l’ambiance berlinoise, ville en proie à toutes les libertés. Douce insouciance qui précédé la deuxième guerre mondiale, sur fond de la montée du nazisme. Le recueil inclut ‘Sally Bowles’, nouvelle qui présente la fameuse chanteuse que Liza Minelli immortalisera dans le film ‘Cabaret’ de Bob Fosse (1972). Inspiré par la chanteuse britannique Jean Ross, que Isherwood avait connu à Berlin, Sally est une expatriée britannique, vive et fêtarde, drôle et terriblement unique. Un peu le pendant caché de son sosie officiel Herr Issywoo. Isherwood avait habité Berlin jusqu’à 1933, menant une double vie de professeur d’anglais intellectuel et discret le jour, et homosexuel coureur des cabarets la nuit. C’est à Berlin où il rencontrera son futur compagnon W. H. Auden, avec lequel il émigrera aux Etats-Unis.
Citation :
« Sa voix était étrangement grave et rauque. Elle chantait mal, sans aucune expression, les mains inertes à ses côtés et cependant elle produisait son effet grâce à l’inattendu de son physique et à son air de mépris total pour l’opinion des gens. »








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