(Alice in wonderland, 1865)
Traduction : Marie Darrieussecq. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Alice s’endormit auprès d’un arbre. Le passage d’un lapin blanc très pressé réveille la jeune fille, qui décide de le suivre jusqu’à chez lui. Curieuse devant cet animal qui parle, elle tombe dans son terrier, sauf que la chute ne semble jamais s’arrêter. Alice finit pour atterrir dans un univers fantastique peuplé de créatures étranges.
« Qu’on lui coupe la tête ! » :
Charles Lutwidge Dodgson naquît dans une famille anglicane plutôt conservatrice, et il fut ordonné diacre en 1861, mais sans jamais devenir prêtre. Professeur de mathématiques au Christ Church College d’Oxford, c’est là où il rencontre Alice Liddell, fille du doyen et source d’inspiration non avoué du personnage de son futur roman ‘Alice au pays de merveilles’, qu’il publié en 1865 sous le pseudonyme de Lewis Carroll.
Ce grand classique britannique présente un univers débordant d’imagination, absolument dépourvu de la moindre logique où tout peut arriver et rien ne se passe pas comme prévu. Le monde de merveilles est peuplé par des nombreux personnages loufoques et haut-en-couleurs, comme le fameux Chat du Cheshire, une chenille qui fume un narguilé, un bébé qui se transforme en cochon, le Chapelier fou, et la Reine de cœur, monarque acariâtre et dictatorial qui scande au bout de champ sa phrase fétiche, « Qu’on lui coupe la tête ! ».
Très loin du conte pour enfants, ‘Alice au pays de merveilles’ s’érige en métaphore de la société victorienne de l’époque, totalement bridée par des mœurs figées, sans aucune place pour la spontanéité, où les sentiments doivent toujours se plier à la raison. À demi-mot le roman semble insinuer une sorte de révolte éducative, selon laquelle les enfants, notamment les jeunes filles, auraient plus à apprendre en dehors de l’école, laissant leur imaginaire s’épanouir en liberté. Dans les établissements scolaires, alors réservés à l’élite, les jeunes filles n’étaient pas censées apprendre grand-chose en dehors des talents de l’agrément : Chanter, broder, jouer le piano, ou peindre des aquarelles. Tout en vue à l’accomplissement du meilleur mariage possible. Carroll propose une petite rébellion des jeunes filles contre ce qu’il est attendu d’elles.
Des multiples adaptations en tout genre se sont approchés de la folie fantaisiste de l’œuvre. Walt Disney adapta le roman en dessin animé en 1951 et récolta son premier échec commercial. Effectivement le film fut incompris à sa sortie autant pour le public que pour la critique, même si beaucoup des années plus tard, il finit pour trouver son public et devint un classique culte. Le film reste relativement fidèle au roman, même si l’Alice de Disney semble beaucoup plus passive que celle de Carroll. Plus tard, la version Burton de 2010, devint un succès retentissant, avec une hilarante Helena Bonham Carter en reine tyrannique et capricieuse.
Carroll écrivit une suite, ‘De l’autre côté du miroir’, publié en 1871.
Citations :
« S’il est impossible de ne pas penser à quelque chose, il reste encore possible de penser à autre chose. »
« Si tu ne sais pas où tu vas, n’importe quelle route te mènera là-bas. »
« Si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? »
« Dites-moi d’abord qui je suis : si ça me plaît d’être cette personne-là, alors je remonterai ; sinon, je resterai ici jusqu’à ce que je sois quelqu’un d’autre. »








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