Littérature des 5 continents : EuropeSuède

Barabbas

Pär Lagerkvist*

(Barabbas, 1950)
Traduction :  Marguerite Gay et Gerd de Mautort.   Langue d’origine : Suédois
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Lors de la fête de Pâques, un des prisonniers condamnés à la peine capital a le droit d’être gracié. Le choix du peuple juif est fait, Jésus doit mourir crucifié, donc ce sera l’assassin Barabbas qui sera libéré. Échappé de justesse au destin funeste, Barabbas déambule dans les parages, écoute des témoignages de la vie de Jésus, de ses paroles et de ses miracles. Il monte même au sommet du Golgotha pour assister à l’agonie du Christ, la descente de la croix et l’enterrement. De plus en plus dévoré par la culpabilité d’avoir pris sa place dans les vivants, la figure de Jésus hante Barabbbas, qui commence à sombrer, terrassé par des doutes spirituels.

L’évangile selon Barabbas :

Très bref roman, presque une nouvelle, dans laquelle le Prix Nobel Suédois traite le sujet de la culpabilité et le rapport entre le bien et le mal, à travers de l’histoire de Barabbas, ses tourments et sa crise spirituelle. Le roman suit les rencontres de l’ancien assassin avec Pierre et d’autres disciples de Jésus, sa mère Marie, des anciens miraculés, ainsi comme un témoin de la résurrection de Lazare. Loin d’être un roman édifiant à la destination du lecteur chrétien, ‘Barabbas’ propose un décryptage plus philosophique que religieux sur cet épisode biblique.

La narration est fluide et très intéressante, même si le roman reste très sobre à niveau émotionnel, presque distant, sans jamais rentrer vraiment dans le cœur du personnage principal, préférant sans doute se concentrer sur le développement des thèmes de l’œuvre. Derrière les questionnements de Barabbas et sa quête de sens à ce qui lui est arrivé, Pär Lagerkvist offre toute une intéressante panoplie de réflexions sur le destin, les regrets, la solitude et la justice.

‘Le Bourreau’ (1933), ‘Le Nain’ (1944) et ‘Barabbas’ (1950) sont les trois courts romans qui cimentèrent la réputation de l’auteur, jusqu’à qu’il finit pour décerner le Prix Nobel en 1951. Depuis, il semble avoir été quelque part oublié, même si son œuvre mérite sans doute d’être lue avec intérêt.


Citation :

« Son regard contempla le paysage désertique qui s’ouvrait devant lui, désolé, sans vie, éclairé par la lueur morte de la lune. Il savait que de tous les côtés c’était la même chose. Il en avait conscience sans avoir besoin de regarder ailleurs. » 

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