(1885)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le beau et ambitieux Georges Duroy, Bel-Ami, travaille aux bureaux des chemins de fer, mais pour maintenir sa vie dépensière il a besoin de beaucoup plus d’argent. La rencontre avec Charles Forestier, un ancien ami du régiment où il avait servi en Algérie, aidera Duroy à trouver un poste dans son journal. Mais Duroy a du mal à se plier, à être subalterne de son ami, et échafaude un plan pour séduire l’épouse de Charles.
Pour pouvoir arriver à ses fins et réussir son ascension sociale, Bel-ami s’appuiera sur l’argent de ses maîtresses, et sur sa propre capacité d’utiliser la politique et l’opinion publique en sa faveur.
Récit au vitriol de l’ascension d’un manipulateur cynique :
L’arriviste Bel-Ami réussi la plupart de ses projets parce qu’il est beau, mais surtout parce qu’il sait se vendre merveilleusement bien. Peu importe les côtés sombres du personnage, grâce à sa beauté, son talent manipulateur et sa capacité à gérer l’image qu’il véhicule dans la presse et ailleurs (c’est qu’on appelle dès nos jours, la ‘com’), son ascension semble imparable. L’empathie ne se fera pas facilement avec ce personnage sombre et haïssable, qui fait un amalgame complet entre l’amour et l’argent.
Maupassant travailla des longues années dans la presse parisienne, ce qui explique le réalisme avec lequel l’ambiance journalistique est décrite. L’objectif de cette satire est de traiter le sujet des apparences versus la réalité, dans ce monde où tout semble réussir à ceux qui le méritent moins, et aussi de dénoncer la simplicité avec laquelle les gens sont manipulés grâce au pouvoir de la presse.
C’est un des romans le plus aboutis de son auteur car, dépourvu des longues descriptions qui pourraient ralentir le récit, exhibe un rythme très soutenu et prenant, centré sur le développement des arcs dramatiques des personnages. Malgré son côté sombre et cynique bien poussé, ce portrait impitoyable de la société parisienne du XIXe arrive à véhiculer un certain espoir qui réside dans son humour vitriolique.
Citation :
« Alors, ressaisi par l’espoir confus et joyeux qui hantait toujours son esprit, il jeta, à tout hasard, un baiser dans la nuit, un baiser d’amour vers l’image de la femme attendue, un baiser de désir vers la fortune convoitée. »








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