(1968)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Solal, juif d’origine grecque, a un poste important à la société des nations, à Genève. Bel homme, séducteur et puissant, les femmes tombent à ses pieds. Il va croiser la belle et pure Ariane, qui est marié à un homme fade et inintéressant. Sous le charme d’Ariane, et acculé par la montée du nazisme en Europe, Solal va tout abandonner. Les deux amants vont s’échapper vers le sud de la France, pour vivre leur amour loin des problèmes d’une société intolérante.
L’amour ne suffit pas :
Est-ce que l’amour suffit en soi-même ? ou bien une fois qu’on a l’amour, petit à petit les réalités de la vie prennent le dessus et le polluent ? Ce livre pose la question d’une façon claire, car les deux personnages, dans sa course vers l’amour absolu, vont se couper petit à petit de tout le reste. Une fois qu’ils sont seulement trois : Elle, lui et leur amour… Est-ce que cela va suffire ? Ou, au contraire, ils vont s’étouffer dans la bulle de leur huis-clos amoureux ?
La puissance et pouvoir du grand seigneur Solal, qui ont charmé sa belle Ariane, commencent à ternir. Car dans l’Europe d’entre-guerres, le juif Solal voit la menace du nazisme grandir. Le scandale de l’adultère de Ariane risque d’exploser en plein jour. Le progressif écroulement de leur univers va cerner Solal et Ariane et s’affirmer à chaque étape. C’est la tragédie d’un amour qui, dans sa quête d’absolu, se voit confronté à la laide réalité du monde.
Avec quelques chapitres en stream of consciousness (On suit les dérives de la pensée du personnage, qu’il réfléchisse à l’amour, où qu’elle trouve que l’eau du bain est trop froide…), la critique acerbe des mœurs immuables de la société, et une progression de l’ombre qui s’abat sur nos personnages, le roman est atypique, un peu à contrecourant. Rédigé par Cohen le long de plus de 30 ans de sa vie, avec la 2ème guerre au milieu, le roman a été revu et corrigé mille fois avant sa version finale.
Cette histoire d’amour étrange et inoubliable fut un succès public assez surprenant pour un roman si long et plutôt lent, très lent (Les cent premières pages, sont l’anticipation et l’attente d’un personnage qui doit se rendre à une soirée mais qui finalement n’arrive pas). Mais c’est sans doute un merveilleux roman, drôle et cynique à souhait, avec un français époustouflant de beauté.
Citation :
« Et ce n’était pas tout, elle avait d’autres armes que le malheureux connaissait bien, les représailles des lendemains de scènes : entre autres, les migraines, les grèves de réclusion dans sa chambre, les paupières enflées portant témoignage des pleurs dans la solitude, les malaises divers, les tenaces mutismes, le manque agressif d’appétit, la fatigue, les oublis, les regards mornes, tout le terrible attirail d’une faible femme invincible. »








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