(1954)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Cécile, 17 ans, après son échec au bac à Paris, passe les vacances d’été en Côte d’Azur dans la villa de son père, le veuf, riche, séduisant et bon vivant Raymond. Cécile et son père sont très proches et complices, plutôt amis que père et fille, et leur vie d’insouciance, sorties mondaines et plaisirs, s’étale entre bains de mer, sorties de nuit, livres et soleil, dans un été qui ne finit plus. Avec eux habite aussi la dernière amante de Raymond, Elsa, une jeune femme joyeuse et insouciante qui s’entend très bien avec Cécile et participe de cette ambiance de joie et mondanité.
L’arrivée d’Anne, une ancienne amie de la mère de Cécile, fera tout basculer, car elle se propose de recentrer leurs vies insouciantes avec des valeurs plus stables et morales, et ramener Raymond a une vie rangée. La vie de plaisirs que Cécile partage avec son père semble vaciller.
Les joies de l’insouciance et leur date de caducité :
Première roman de Sagan, écrit a seulement 18 ans, ‘Bonjour tristesse’ est devenu un petit classique français du roman d’apprentissage, qui propose un efficace décryptage émotionnel du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Ici la figure du père, qui semble avoir fait un retour en enfance depuis son veuvage, c’est l’excuse qui permet à Cécile de s’accrocher à ce monde sans responsabilités et retarder le moment de la maturation. D’un autre côté le personnage d’Anne, représente un monde plus strict et sévère, mais finalement plus responsable et adulte.
Raymond a un dilemme similaire, symbolisé par ces deux femmes : Elsa, qui lui permet de perpétuer son retour en jeunesse, et Anne, qui lui promet le retour au monde de maturité qui partageait avec sa femme décédée. Face à ses hésitations, l’univers de la jeune Cécile semble vaciller, et elle verra son propre futur reflété dans les changements et les choix de son père.
Court, beau et efficace roman centré sur la perte de l’insouciance et l’acceptation du monde des adultes, malgré l’amertume et la gravité qui l’accompagnent.
Citation :
« Nous étions de la même race lui et moi je me disais tantôt que c’était la belle race pure des nomades tantôt la race pauvre et desséchée des jouisseurs. »








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