(Heat and dust, 1975)
Traduction : Nicole Ménant. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Notre narratrice, une jeune journaliste britannique, arrive à Bombay en Inde dans les années 70, en suivant les traces d’Olivia la première femme de son grand père. En lisant les lettres d’Olivia à sa copine Marcia, la narratrice peut suivre le parcours hors norme de cette femme singulière. En 1923 Olivia avait défié toutes les conventions en devenant la concubine du Nawab, un richissime prince Indien de croyance musulmane.
Notre narratrice loue une petite chambre en Satipur et petit à petit va se rapprocher du propriétaire des lieu, un officier indien appelé Indar Lal. Emportée par le mystère d’Olivia, elle tombe à son tour sous le charme de ce pays unique et fascinant.
Double fascination pour l’Inde :
‘Chaleur et poussière’ est un magnifique roman, qui peut se rapprocher thématiquement de ‘Route des Indes’, le classique de E. M. Forster, mais qui dévoile son propre style grâce à une structure simple mais très efficace en confrontant deux narrations similaires. Séparés par 50 ans, le récit croisé de ces deux femmes en Inde, permet une profonde réflexion sur la fascinante nature de ce pays, le contraste de cultures et la quête de soi. La livre alterne de façon très habile les deux narrations, en nous proposant le parcours de deux femmes différentes face à un même décor. La valeur de la vie humaine dans ce pays et le contraste avec les idées figés des colons anglais sont placés au centre de ce double récit.
Olivia, dans les années 20, est une jeune britannique snob et relativement superficielle, dont ses certitudes vont s’écrouler à fur et à mesure que grandit l’emprise de l’Inde sur elle, dans un univers où les femmes avaient très peu de liberté de choix et le moindre faux pas pouvait créer un scandale. 50 années après, bien après l‘indépendance de l’Inde et le départ des colonisateurs, la narratrice essaie de suivre les traces d’Olivia, éprouvant une fascination similaire, mais cette fois du point de vue d’une jeune fille plus indépendant et moderne. À travers cette quête spirituelle, et grâce à ce choc culturel, les deux femmes vont découvrir qui sont-elles vraiment.
‘Chaleur et poussière’, roman récompensé par le prix Booker en 1975, est l’ouvre la plus reconnue de la romancière d’origine allemande, qui a passé une bonne partie de sa vie entre l’Inde et le Royaume Uni, pour finir aux États-Unis. Prawer Jhabvala est aussi très connue comme à scénariste de cinéma et en concret par sa très longue collaboration avec le réalisateur James Ivory et le producteur Ismail Merchant, pour lesquelles elle écrivit le scénario d’une bonne douzaine de films dont ‘Chambre avec vue’ et ‘Retour à Howards’ End’, tirés des romans de E. M. Forster, qui lui permirent de gagner à deux reprises l’Oscar du meilleur scénario adapté. En 1983, elle adapta aussi son propre livre ‘Chaleur et Poussière’ dans un très beau film, encore avec l’équipe Merchant-Ivory.
Citation :
« (…) beaucoup d’entre nous sont fatigués du matérialisme de l’Occident, et que même si nous n’éprouvons pas d’attirance particulière pour le message spirituel de l’Orient, nous venons ici dans l’espoir de trouver un mode de vie plus simple et plus naturel. »








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