(1970)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman autobiographique :
Dans ce roman autobiographique, Romain Gary nous explique comment, avec sa femme, Jean Seberg, ils ont adopté un berger allemand nommé Batka. Le couple habite en Californie alors en plein combat de la communauté noir pour acquérir ses droits, dans une Amérique émue par l’assassinat de Martin Luther King. Les nouveaux maîtres découvrent horrifiés que leur nouveau chien est un « chien blanc », un de ces chiens spécifiquement élevés pour attaquer les noirs. Incapables de le faire piquer, Gary et Seberg décident de le garder et le rééduquer à l’aide de Keys, un homme noir qui travaille dans un jardin zoologique.
Histoire d’un chien raciste :
C’est un Gary mineur, mais si quand même très bien écrit, avec le style recherché, la richesse lexicale et la maîtrise de la langue qui caractérisent cet auteur, mais qui ne va au-delà du thème de l’antiracisme, ni propose des personnages vraiment captivants, et nous fait un vague portrait autobiographique de son mariage. La métaphore du chien raciste est claire, ce chien a été formaté pour haïr les noirs de la même façon qu’une bonne partie de la population blanche l’a été. Cela permet de parler du racisme entre les hommes depuis une certaine distance.
Plaidoyer contre le racisme, qui dénonce aussi l’hypocrisie de certains blancs face à ce conflit qui n’hésitent à l’utiliser dans leur propre intérêt. L’entourage de Jean Seberg, actrice américaine très engagée pour les droits des noirs et dans la lutte contre le racisme, incarne une Amérique double et finalement distante du sujet dont elle voudrait être proche.
En plus des combats des noirs en Amérique, le roman suit aussi les traumatismes de la guerre de Vietnam et les évènements de mai 68 à Paris. Au-delà de l’antiracisme et de la beauté des mots, auxquelles on adhère facilement, il ne semble pas avoir grande chose d’autre dans ce roman. C’est déjà ça. Préférez d’autres œuvres de cet écrivain humaniste mais parfois irrégulier.
Citation :
« Je suis en train de me dire que le problème noir aux Etats-Unis pose une question qui le rend pratiquement insoluble : celui de la Bêtise. Il a ses racines dans les profondeurs de la plus grande puissance spirituelle de tous les temps qui est la Connerie. Jamais dans l’histoire, l’intelligence n’est arrivée à résoudre des problèmes humains lorsque leur nature essentielle est celle de la Bêtise. »








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