Littérature des 5 continents : EuropeSlovaquie

Chien sur la route

Pavel Vilikovský

(Pes na ceste, 2010)
Traduction : Peter Brabenec.     Langue d’origine : Slovaque
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Un écrivain slovaque parcourt l’Autriche sur le sillage de Thomas Bernhard, écrivain que l’obsède mais qui n’arrive pas à saisir complètement. Lors de salons littéraires et évènements culturelles divers, notre protagoniste devrait expliquer ses origines et parler de ce pays assez méconnu qui est le sien. Souvent réduit à être ‘le slovaque’, contraint d’incarner sa patrie, l’écrivain se prend au jeu à contrecœur, réfléchissant sur l’identité nationale, l’héritage du communisme et la place de la littérature dans la société.

Le slovaque digresse en Europe de l’Est :

Pas seulement l’Autriche de Thomas Bernhard, mais notre écrivain va parcourir l’Est de l’Europe incarnant ce pays méconnu qui est la Slovaquie. Ce roman, qui a l’air sans doute autobiographique, permet une réflexion sur l’identité et les préjugés, même si tout cela se fait dans une narration sans la moindre intrigue, presque comme un essai. Très peu de femmes existent ou jouent un rôle dans le récit, l’écrivain préférant se concentrer sur son protagoniste (probablement un alter ego de lui-même), ses pensées existentialistes, et les avis qu’il génère autour. Seule exception sera la singulière Gretka, qui essaiera de réveiller la sexualité endormie de l’écrivain, et revient de façon éparse dans la narration pour apporter une caution féminine.

Commentaires sur la littérature, l’héritage du communisme, l’identité slovaque… sur le papier, cela aurait pu marcher. Et c’est intéressant par moments, mais globalement la lecture est inutilement rechargée des milliers de digressions qui, à mon sens, ne mènent à aucun thème clair. 

Plutôt boring.


Citation :

« C’est simple. Nous autres Slovaques, nous sommes restés serfs trop longtemps et la servitude s’est installée dans nos gènes comme du plomb. (…) dans notre conscience il y a eu, et il y aura toujours un maître et un seigneur, que nous reconnaissons comme tel – en serrant les dents, en râlant ou en courbant l’échine. »

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