(1977)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Michel, commandant de bord, a vécu un amour profond avec sa femme Yannick, mais elle, malade d’un cancer terminal, décide de s’en séparer de lui, pour mettre fin à ses jours, tout en l’encourageant à continuer sa vie. Michel, en sortant d’un taxi, bouscule Lydia Kowalski, une femme qui a perdu sa fille dans un accident de voiture, et dont son mari, qui conduisant le jour fatidique, est en grave détresse psychiatrique. Cette rencontre entre ces deux êtres effondrés par la douleur et le chagrin de perdre un être cher, va se prolonger le long de quelques heures…
Souffrances et confidences :
Cette rencontre improbable et cet intéressant sujet de la douleur partagée, préfigurait dans la plume de Gary un roman à grandes possibilités littéraires. Comme d’habitude chez Gary, la beauté de texte est au rendez-vous, les phrases sont poétiques et le style est riche en toute finesse, mais le récit ne va pas plus loin dans cette rencontre entre détresses, et les personnalités de Michel et Lydia ne permettent pas de faire décoller le roman.
Le long de quelques heures, les deux personnages compatissent et échangent leur douleur, mais l’entité littéraire est relative. Lydia a plus d’envergure dans le récit grâce à la relation ambivalente qu’elle maintien avec son mari. Elle en était déjà très éloignée avant l’accident, mais maintenant son ressenti est perturbé par un fort sentiment de culpabilité. Le long de ce vagabondage nocturne, le couple est accompagné par une galerie de personnages secondaires, étranges et tristes, qui accentuent le ton mélancolique du récit.
Ils font face à un monde sombre et pathétique, dominé par la solitude absolue des êtres humains. Un Gary mineur, mais quand même intéressant et émouvant, qui réfléchit intelligemment autour de la perte et le deuil.
Citation :
« J’ai connu tant de femmes, dans ma vie, que j’ai pour ainsi dire toujours été seul. Trop, c’est personne. »








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