(Cranford, 1851)
Traduction : Béatrice Vierne. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Cranford, petit village anglais au XIXe siècle. La vie paisible de la campagne se déroule au rythme des parties de cartes, des salons de thés et des commérages entre voisins. La jeune Mary Smith, rendant visite à ses connaissances, apprendra tous les petits évènements et scandales qui bouleversent la vie de cette bourgade bourgeoise.
Écosystème de vieilles bourgeoises en plein ennui :
Publié en version feuilleton dans ‘Household Words’ le magasin de Charles Dickens, ‘Cranford’ est le deuxième roman de Gaskell, et un de ses plus grand succès. C’est probablement le plus drôle et peut-être aussi le moins engagé socialement. Ce n’est pas le meilleur à mon avis.
Cette petite société de gens aisés de bonne famille qui se retrouvent dans ces salons est souvent mise en émoi par une aventure amoureuse d’un tel, un deuil inespéré, un scandale croustillant, un problème économique inavouable, ou une petite attente aux mœurs et convenances. Tout le monde se critique poliment en cachette, mais c’est quand même bienséant. Il y a de l’humour et l’ironie, et toutes ces dames aux regards étroits, sont montrées sur une lumière ridicule, mais la critique des mœurs est quand même légère et superficielle.
Les vies banales de Mary Smith et ses copines les vieilles filles Miss Matty et Miss Deborath Jenkyns, ne sont pas vraiment remplies d’action, leur problème quotidien sera plutôt comment combattre ce mortel ennui. Des infimes micro évènements du quotidien, vont prendre de l’importance et mettre en joue autant elles que les autres dames du village, en montrant l’hypocrisie et le snobisme de ce petit monde.
Ce roman est court mais je dois dire que cela fut long pour moi, je n’en pouvais plus de ces thés avec pâtisseries et des parties de cartes interminables à disséquer des évènements inexistants et à se cracher de sucre sur leur dos, en toute politesse. J’étais complétement indifférent aux personnages, et leur quotidien ne m’intéressait vraiment plus, plutôt m’agaçait. Le roman devient aussi vide que les vies de ces dames. Peu importe la beauté du langage et l’élégance de la prose, la vacuité et l’ennui de cette petite société se sont refilés au roman.
Préférez, et de loin, le magnifique ‘Nord et Sud’, moins drôle peut-être mais bien plus intéressant et abouti.
Citation :
« Avant toute chose, disons que Cranford appartient aux Amazones. Tous les locataires d’une maison dont le loyer excède une certaine somme sont des femmes. Si un couple marié vient à fixer sa résidence dans la ville, d’une manière ou d’une autre l’homme disparaît. Ou bien la peur le glace à l’idée d’être le seul élément masculin dans les soirées de Cranford et on n’en parle plus, ou on explique son absence par les devoirs de son régiment, les astreintes de son bateau, ou encore par des affaires qui le retiennent toute la semaine dans le grand centre commercial de Drumble, une ville qui n’est séparée de Cranford que par trente kilomètres de chemin de fer. Bref, quoiqu’il advienne de ces messieurs, il n’y a pas à Cranford trace de leur existence. »








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