(Красный крест, 2017)
Traduction : Anne-Marie Tatsis-Botton. Langue d’origine : Russe
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Sacha, jeune arbitre de football s’installe avec sa fille dans un appartement à Minsk. Il fait la rencontre de sa voisine de palier, Tatiana Alexeïevna, une vieille dame qui à 90 ans, atteinte d’Alzheimer, commence à perdre la mémoire immédiate. Au fur des rencontres les deux se racontent leurs drames. Tatiana Alexeïevna remémore sa vie devant son jeune voisin, notamment lorsqu’elle travaillait dans les affaires étrangères à l’époque de Staline. Un jour dans une liste de prisonniers que le gouvernement devait abandonner à leur sort, elle lut le nom de son mari. La décision qu’elle prit la hantera pour le restant de ses jours.
Deux voisins s’expliquent leurs drames à différentes époques de la Biélorussie :
Le jeune Sacha et la vieille Tatiana Alexeïevna forment un pair de voisins assez contrasté, deux personnalités très différentes qui se rejoignent dans les séquelles laissées par leurs traumatismes respectifs. Tandis que Sacha mettra plus de temps à commencer à évoquer sa tragédie, plus récente ; Tatiana se lance vite à commencer son récit : Le drame de la vieille dame prendra plus de jours d’explications, car l’histoire est relativement longue, complexe et remonte aux temps de Staline. Lorsque la jeune Tatiana, alors employé du commissariat des relations étrangères, vit le nom de son mari dans une liste de prisonniers à abandonner à leur sort en Roumanie, les évènements s’enchainent et sa vie ne sera plus jamais la même.
Ce témoignage entre voisins aura une date de caducité car la nonagénaire Tatiana, atteinte d’Alzheimer, n’aura plus beaucoup de temps pour arriver au cœur du son histoire, chaque jour ayant oublié tout ce qu’elle a déjà raconté auparavant. Sacha doit guider le récit de la vieille dame, pour qu’elle se retrouve dans le marasme de sa mémoire sans répéter les parties déjà expliquées. Sa mémoire est déjà tellement atteinte que pour retrouver le chemin de retour à la maison elle a peint une série de croix rouges.
La narration est relativement complexe à niveau de l’intrigue et des rebondissements par l’imbrication des différentes temporalités, mais ‘Croix rouges’ est aussi un roman très beau et touchant, notamment dans les émotions qui véhicule cette rencontre improbable entre voisins. Le thème de l’abandon de ces propres citoyens de la part des autorités soviétiques, ainsi comme le sujet de de la mémoire sont abordés avec sensibilité et intelligence.
Citation :
« Si tu veux attendre l’autre rive, tu dois te jeter par-dessus. Le bonheur a toujours un passé, aime répéter ma mère, et chaque malheur aura sans doute un futur. »








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