(1865)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Impey Barbicane, président du Gun Club des anciens combattants de Baltimore, devant la morosité de l’institution, propose l’idée d’envoyer un boulet de canon sur la lune. Le club lance une récolte des fonds internationale pour financer le projet, mais lorsque le français Michel Ardan suggère de remplacer le boulet par un projectile creux les gros enjeux commencent. Car le français a l’idée folle de se nicher à l’intérieur du projectile, et voyager vers la lune lui-même.
Science-fiction visionnaire :
Oui, l’argument de ‘De la terre à la lune’ est un peu naïf vu avec nous yeux, et presque risible avec son boulet de canon qui doit traverser l’espace, mais il ne faut pas oublier que le livre fut écrit cent années avant que l’homme n’arrive vraiment à la lune, à une époque où cela était absolument inimaginable d’un point de vue scientifique.
Bien que cette fantaisie très délirante brille pour son imagination débordante, le lecteur trouvera un peu moins nuancé cet étrange univers d’anciens combattants blessés et quelque part désœuvrés, qui vont s’entourer des scientifiques et explorateurs, pour s’effacer de la narration au fur et à mesure, comme s’ils représentaient un monde désuet. La concorde et les lumières devaient remplacer donc la guerre et les ombres. Également, aucune femme ne prend la moindre entité dans le récit. Le monde de Verne est un univers masculin d’aventuriers et savants, sains d’esprit et de corps, dont l’objectif ultime sera la connaissance.
Sympa, mais à côté de ses illustres contemporains Zola, Flaubert, Hugo, etc…, la naïveté des ficelles narratives de Verne font un peu rougir, et le discours social reste un peu poussif et schématique. La folie visionnaire de Verne trouva son écho en 1902 avec le film ‘Voyage dans la Lune’, de Georges Méliès, qui reprenait avec plein de magie et imagination l’univers scientifiquement loufoque de l’œuvre.
Citations :
« À considérer un pareil chiffre, il est évident que l’unique préoccupation de cette société savante fut la destruction de l’humanité dans un but philanthropique, et le perfectionnement des armes de guerre, considérées comme des instruments de civilisation. »
« Aussi, dans ma parfaite ignorance des grandes lois qui régissent l’univers, je me borne à répondre : Je ne sais pas si les mondes sont habités, et, comme je ne le sais pas, je vais y voir ! »








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