(Buzunarul cu pâine, 1995)
Traduction : Virgil Tanase. Langue d’origine : Roumain
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de courtes pièces de théâtre :
Dans la courte pièce ‘Du pain plein les poches’, deux hommes se trouvent face à un puits où un chien est tombé. Convaincus du besoin de faire quelque chose, ils commencent à se disputer sur la façon d’approcher le problème, et finissent pour ne rien faire, ce qui aggrave la situation.
Situations Beckettiennes :
Les quatre pièces qui composent ce recueil ont une unité stylistique et thématique. Elles sont centrées plus ou moins sur deux personnages, présentent une situation absurde traitée d’une façon réaliste, et traitent le sujet de la non communication entre les êtres humains, la futilité de l’existence, ou la différence entre l’image projetée et la réalité intérieure. Les personnages sont souvent doubles, un peu mesquins, et peu enclins à la générosité. Ils sont tous baignés par un léger humour existentialiste qui rappelle les œuvres de Becket, notamment ‘En attendant Godot’, sur laquelle est centrée la deuxième pièce.
En plus de ‘Du pain plein les poches’, avec les deux hommes qui regardent dans un puits où un chien est tombé, le recueil inclut trois autres pièces courtes. ‘Le dernier Godot’ se situe à l’extérieur du théâtre où on représente la dernière séance de la pièce phare de Becket. Godot règle ses comptes avec l’auteur pour ne lui avoir jamais donné une seule ligne de texte dans sa propre pièce. Dans ‘L’araignée dans la plaie’, les deux voyous crucifiés avec le Christ, essayent de le convaincre de faire un miracle qui pourrait les sauver. Dans ‘Le Deuxième Tilleul à gauche’ Un homme et une femme jouent à un étrange jeu à distance, chacun croyant avoir une emprise sur l’autre.
Les pièces de ce recueil furent écrites au début des années 90 en roumain. Matei Vișniec avait fui la Roumanie de Ceausescu dans les années 80 pour s’installer en France. Il finira pour écrire beaucoup de ses pièces en français et accéder à la naturalisation.
Citation :
« CHAPEAU. Alors on laisse tomber.
CANNE. J’ai pas dit ça.
CHAPEAU. Alors que fait-on ?
CANNE. On fait c’qu’on peut.
CHAPEAU. Alors faisons quelque chose. Moi je constate que nous restons comme ça, les bras croisés, à rien faire. »








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