(Himnaríki og helvíti, 2007)
Traduction : Éric Boury. Langue d’origine : Islandais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Islande, fin siècle XIXe. Dans un petit campement niché dans un fiord isolé, une communauté de pécheurs attend le moment de sortir pêcher la morue. Le brave Bárður a pris sur son aile un jeune adolescent orphelin qu’on appelle le gamin. Ensemble, ils tuent ses heures mortes à lire de la poésie dans le dortoir. Distrait dans la lecture de ‘le Paradis Perdu’ de Milton, Bárður oubliera sa vareuse, sans laquelle la sortie de pêche risque de se compliquer.
Bildunsroman dans les fiords :
‘Entre ciel et terre’ décrit de façon méticuleuse le rude quotidien d’une communauté de pécheurs islandais de la fin de XIXe siècle. La narration se divisé en deux parties : La première se centre sur le quotidien des marins face à la mer glacée. Dans la deuxième, le récit se tourne vers l’intérieur des terres, dans le village auquel notre communauté de pêcheurs est reliée. Jón Kalman Stefánsson propose une immersion presque totale dans l’ambiance glaciale et enneigée, et dans ce sens, la séquence de la pêche à la morue qui clôture la première partie est une merveille d’émotion et poésie.
J’ai peut-être été un peu moins conquis par la deuxième partie, qui s’éparpille avec une dizaine de personnages du village, tous reliés les uns avec les autres, chacun avec sa personnalité et ses histoires. Quelques digressions et analepses vers le passé complètent le tableau de cette petite société perdue dans le froid. Malgré l’ensemble de personnages qui vit dans cette bourgade, le récit se centre sur le personnage du ‘gamin’ pour développer les sujets du deuil et de la résilience. Frappé par la tragédie et face à un futur très noir, le gamin sera obligé de grandir plus vite que prévu. Si toutefois il décide de s’accrocher à la vie.
Malgré quelques longueurs et irrégularités de rythme dans sa deuxième partie, cette lecture fut un vrai plaisir, principalement par la splendide beauté de sa prose, ainsi comme par l’atmosphère réaliste très réussie du roman. L’ambiance viril et rustre de cette contrée, n’empêche pas que beaucoup des femmes à la forte personnalité prennent des places importantes dans la narration. Avec son écriture soignée et l’haleine poétique du récit, Stefánsson est certainement un écrivain à suivre.
‘Entre ciel et terre’ (2007) est le premier volet d’une trilogie, qui se continue avec les romans ‘La Tristesse des anges’ (2009) et ‘Le Cœur de l’homme’ (2011).








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