(1833)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Félix Grandet est un homme cupide qui a fait fortune en profitant des évènements de la fin de l’empire, lorsqu’il été maire de Saumur, mais il fait croire à toute la famille qu’ils ne sont pas riches. Mais l’avarice et radinerie de M. Granet ne trompe personne dans la ville et très vite, des candidats peu scrupuleux s’approchent de sa fille Eugénie, qui est en âge de se marier. La jeune Eugénie Grandet, dévouée à l’autorité de son père, naïve, gentille et innocente, est devenue, à son insu, le plus intéressant parti de la ville. L’arrivé de son cousin Charles Grandet, en grand détresse après un drame familier, risque de compliquer le fragile équilibre de la maison Grandet.
L’argent, l’amour et les affaires de famille :
Un des premiers romans de la série Scènes de la vie de province, « Eugénie Grandet » est un des chefs d’œuvre de Balzac, notamment par sa critique des mœurs dans la restauration, ses portraits de caractères très marqués, et la réflexion des rapports sociaux par le biais de ce conflit entre les hommes et l’argent. Le contraste entre l’inflexible M. Grandet et l’innocente Eugénie sera le théâtre sur lequel la plume de Balzac nous offre les plus belles pages du livre.
L’évolution dramatique des personnages est brillante, chacun ayant un arc dramatique très marqué et réaliste. Le roman se centre sur la déception d’Eugénie, qui se passera à plusieurs niveaux, et sera souvent menée par le rapport que cette femme naïve aura avec son entourage. De partout autour d’elle, la cupidité et la mesquinerie campent à ses aises, ne réussissant pas à briser la stature morale de la jeune femme. Mais la chute des illusions d’Eugénie ne sera pas sans effets sur le personnage.
Le réalisme façon Balzac fut tendance dans toutes les littératures européennes de l’époque, souvent contrasté avec l’approche plus naturaliste de Zola. Ainsi, l’œuvre de Balzac en générale et ‘Eugénie Grandet’ en particulier, influencèrent l’écrivain américain Henry James, dont son roman ‘Washington square’ (1880) n’est clairement débiteur.
J’avais lu ‘Eugénie Grandet’ dans ma langue maternelle, l’espagnol, avant mon arrivée en France, et je l’ai relu finalement en français, en retrouvant la même fascination par la maitrise du récit, mais en rajoutant cette deuxième fois le plaisir produit par la prose merveilleuse et le style sobre mais élégant à souhait d’un auteur au sommet de son art. Fabuleux classique.
Citation :
« La flatterie n’émane jamais des grandes âmes, elle est l’apanage des petits esprits qui réussissent à se rapetisser encore pour mieux entrer dans la sphère vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent. »








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