(1885)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Étienne Lantier, fils de Gervaise (‘L’assommoir’), arrive dans le nord de la France pour chercher du travail dans une mine. Le roman suit la vie des travailleurs de la mine de Montsou sous des conditions de travail épouvantables. Lorsque la compagnie minière procède à une basse salariale suite à la crise économique, Étienne propose aux travailleurs d’entamer une grève, en les présentant le rêve d’une vie plus juste et égalitaire. Mais la grève sera longue, dure et difficile, et la vie des travailleurs, maintenant chômeurs, sera portée vers la limite du supportable.
La guerre du travail contre l’argent :
‘Germinal’ est le treizième volume de la série Les Rougon-Macquart, probablement le plus lu et connu internationalement. Chaque roman de Zola s’intéresse à un sujet, celui-là est le roman des ouvriers, plus particulièrement dans la industrie minière, et il est question notamment de leurs conditions de travail, leurs grèves et leurs vies misérables. Le sujet principal de Germinal est l’injustice sociale et la lutte de classes.
Le quotidien des miniers et leurs familles est traité avec un réalisme impressionnant. Zola s’était documenté énormément avant d’entamer l’écriture du roman, en habitant dans le bassin minier de Pas-de-Calais pendant 8 jours, lorsque la grève de mineurs d’Anzin commence. Ces événements sont transposés dans le roman, le donnant un côté encore plus réaliste et crédible que à son habitude.
‘Germinal’ est un violent réquisitoire contre le culte du profit et l’exploitation des travailleurs, qui souligne et critique les dérives du capitalisme effréné. Portrait sociologique d’une époque, un métier et un lieu, le roman a une valeur documentaire incalculable, en nous décryptant en profondeur ce milieu aujourd’hui disparu.
Notre protagoniste est donc Etienne, qui incarne les nobles idéaux ouvriers d’égalité. Puis il y a une bonne quantité de personnages plus ou moins secondaires qui formeront partie des familles des travailleurs de la mine. Par le portrait de toute cette société du monde ouvrier, Zola nous décrit le quotidien des êtres humains menés à vivre dans des conditions effroyables, qui vont miroiter un rêve de justice. La déception qui viendra quand les choses vont se compliquer, nous montrera toute leur misère.
Le dilemme entre la révolte et la capitulation est mené jusqu’aux extrêmes de la résistance. Comme d’habitude chez Zola, des personnages plus lumineux cohabitent avec la misère morale et les abimes le plus sombres de l’être humain. C’est noir, lourd et moche.
Mais malgré toute cette noirceur, il y a une vision positive présente déjà dans le titre : Le nom Germinal répond à un sens métaphorique, des ouvriers qui sortent des profondeurs de la terre comme des plantes qui germent. L’idée était de planter le germe des révolutions futures qui devraient améliorer les conditions de vie dans les bassins miniers. Le jour de l’enterrement de Zola en 1902, une délégation des miniers du Nord suivit le cortège funéraire, en scandant : « Germinal ! Germinal ! »
Citation :
« Et les idées semées par Étienne poussaient, s’élargissaient dans ce cri de révolte. C’était l’impatience devant l’âge d’or promis, la hâte d’avoir sa part du bonheur, au-delà de cet horizon de misère, fermé comme une tombe. L’injustice devenait trop grande, ils finiraient par exiger leur droit, puisqu’on leur retirait le pain de la bouche. Les femmes surtout auraient voulu entrer d’assaut, tout de suite, dans cette cité idéale du progrès, où il n’y aurait plus de misérables. »








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