(1837/1839/1843)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lucien Chardon, se faisant appeler Lucien Rubempré, est un jeune angoumoisin qui monte à Paris rempli d’ambitions artistiques et littéraires. Mais lors de ses années formatrices il se trouve à prostituer son talent dans des métiers peu intéressants, et il se dédie principalement au journalisme. L’ascension météorique que Lucien avait prévue tarde à se consolider, et ses rêves de gloire littéraire semblent s’éloigner.
La chute des illusions :
Le roman se centre dans le milieu littéraire dans la France de la restauration. Ce classique inoubliable et marquant retrace l’aller-retour de Lucien d’Angoulême à Paris. Les illusions perdues sont celles ressentis par Lucien après son arrivée à Paris, quand il se retrouvera en victime constante de l’hypocrisie et la méchanceté des milieux littéraires qui fréquente. Cette chute des illusions fait écho aussi de celle de sa famille et entourage en province, qui avaient placé tous ses espoirs dans quelqu’un qui semble de moins en moins mériter cette attention.
Lucien est un héros particulier, sa jeunesse et détermination permettent une facile empathie, mais les nombreuses failles de son caractère ne manqueront pas de désespérer certains lecteurs. Doté d’une beauté marquée, provincial mais suffisamment raffiné comme pour passer par un homme cultivé dans le milieu littéraire Parisien, Lucien dépensera sans compter, ce qui lui attirera plein d’ennuis. Il sera une proie facile des faux semblants, du calcul et de la corruption. Ce monde creux et amoral, ce côté sombre de l’être humain, notamment de la société citadine, que Balzac sait si bien dépeindre, sera l’antagoniste principale du roman. La parcours de Lucien de jeune ingénu à homme mesquin se dessine petit à petit, son arc narratif s’achèvera dans la suite de ce roman ‘Splendeurs et misères des courtisanes’.
Dans ce roman d’initiation, cette lente déchéance morale du héros, contraste avec la gentillesse inébranlable de son entourage provincial. Dans le combat entre la grande ville et la campagne, Balzac se range clairement du côté provincial, notamment d’un point de vue de la morale. Le roman est très critique avec les dérives et dangers de la vie citadine et peut se lire comme une mise en garde.
‘Les illusions perdues’ est à mon sens et pour beaucoup (dont Proust), le plus grand chef d’œuvre de Balzac. Faisant partie des Scènes de la vie de province, il est composé de trois parties : ‘Les Deux Poètes’ (1837), ‘Un grand homme de province à Paris’ (1839) et ‘Les Souffrances de l’inventeur’ (1843) et le tout est dédié à Victor Hugo.
Citation :
« Ne croyez pas le monde politique beaucoup plus beau que ce monde littéraire : tout dans ces deux mondes est corruption, chaque homme y est ou corrupteur ou corrompu. »








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