(1995)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Nicolas est un garçon timide et fragile, qui angoisse à l’idée de partir en classe de neige. Arrivé un jour en retard, Nicolas stresse car il a oublié son sac dans la voiture de son père avec tous ses affaires et il imagine les pires situations. À coup sûr il va être la cible des moqueries des autres. Une atmosphère inquiétante semble entourer cette sortie scolaire, et un enfant disparait dans le village de la montagne où la classe passe son séjour. Perturbé, Nicolas se réfugiera dans un sombre univers imaginaire. Mais la menace que se cerne sur lui semble bien réel.
Le sombre inconscient chez l’enfant :
Carrère offre ici un récit oppressant, presque intégralement situé dans l’ambiance claustrophobique de cette colonie de vacances d’hiver. Nicolas est un enfant faible et craintif et, dans son imagination, verra les autres enfants comme un groupe soudé et hostile. Entre la peur et la fascination, la perte de repères fera que son univers bascule et le mène jusqu’au bord du cauchemar.
Victime d’une éducation trop stricte, Nicolas fuit son quotidien grâce un univers étrange mi-rêve mi-réalité, qui accentue sa confusion. Face aux menaces réelles ou imaginaires dans la classe de neige, Nicolas tient bon grâce à la présence gentille des deux moniteurs, qui lui aident à s’adapter et surmonter ses craintes, figures douces et sensibles qui contrastent avec la froideur de ses parents. Mais une réalité glaçante se cerne sur lui.
Intéressant récit sur les abîmes de l’inconscient des enfants et sur les fantasmes abstraits de la peur et l’angoisse. Prix Fémina 1996.
Citation :
« Enfonçant ses pieds nus dans la neige que personne n’avait encore foulée, il traversa le terre-plein. L’autocar aussi avait l’air d’un animal endormi, le petit du chalet, serré contre son flanc, dormant les yeux ouverts de ses gros phares éteints. Nicolas le dépassa, longea le chemin jusqu’à la route, couverte de neige aussi. Il se retourna plusieurs fois pour voir les traces de ses pas, profondes et surtout solitaires : il était seul dehors cette nuit, seul à marcher dans la neige, pieds nus, en pyjama mouillé, et personne ne le savait, et personne ne le reverrait. Dans quelques minutes, ses traces seraient effacées. »








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