(1874)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
L’abbé Faujas, un prêtre bonapartiste, est envoyé à Plassans, petite ville de Provence, pour reprendre la ville aux légitimistes et la tourner à nouveau vers Napoléon III. Pour cela, le sournois Faujas va déployer un nombre incalculable d’intrigues et manipulations, impliquant le couple de bourgeois qui l’héberge, François et Marthe Mouret. L’arrivée de la famille de Faujas resserrera l’étau. Toutes les sphères de pouvoir dans la ville seront basculées.
Luttes de pouvoir sur Aix-en-Provence :
‘La conquête de Plassans’ est le quatrième volume de la série Les Rougon-Macquart. Le roman met encore en valeur la ville de Plassans, clairement inspiré d’Aix-en-Provence.
François Mouret et sa femme Marthe sont des cousins, appartenant à deux branches différentes de la famille des Rougon-Macquart. Ce couple de petits bourgeois vit paisiblement avec leurs enfants dans une grande maison avec un jardin qui donne sur la rue. Ce jardin sera le témoin de toutes les intrigues de l’abbé Faujas, logé chez le couple. Petit à petit l’abbé exerce son emprise sur Martha et les femmes dévotes de la ville. Négligeant son rôle de mère et femme, Martha plongera dans une obsession pieuse, réussissant à rallier toute la population féminine du côté de l’abbé. Une perverse relation de soumission la maintiendra dans la servitude de Faujas.
Au début du roman, Faujas est présenté comme quelqu’un de mystérieux et double. Dès le départ on sent bien que c’est un être détestable, malgré son talent pour garder les apparences. La soutane pour lui, c’est un moyen pour arriver à ses fins. Le clergé est présenté comme une institution corrompue et hypocrite, en connivence avec le pouvoir en place, qui n’hésitera pas à manipuler les pauvres fidèles pour arriver à ses fins politiques. Dès l’arrivée de la famille de Faujas l’équilibre bascule encore plus, dans une sorte de parasitisme qui se cerne sur les Mouret. Les enfants de la famille seront placés ailleurs (On les retrouvera dans d’autres romans de la saga) et le couple va se trouver isolé face à au pouvoir du clan Faujas.
La conquête de la ville sur le plan politique, moral et sociale est le thème du roman. Les intrigues de salon, les faux semblants et l’hypocrisie sont monnaie courante dans le déroulement de ce roman qui a des rebondissements pour le moins étonnants. Mais à côté de cela, c’est aussi l’histoire du démembrement d’une famille qui ne sait pas trop ce qui leur arrive. La folie guette ce couple que petit à petit perd tous ses repères.
Citation :
« On n’est plus chez soi, murmurait-il. Je ne puis lever les yeux, maintenant, sans apercevoir cette soutane… Il est comme les corbeaux, ce gaillard-là ; il a un œil rond qui semble guetter et attendre quelque chose. »








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