(1846)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lisbeth Fischer, « la cousine Bette », se rend à Paris à la demande de sa cousine, la baronne Adeline Hulot, une femme gentille et honnête, mais dont le mari enchaine les conquêtes et infidélités. La laide et aigrie cousine Bette, éprouve une jalousie maladive par sa cousine et entreprend la destruction systématique du foyer. Tout d’abord Bette va s’attaquer à Hortense, la fille d’Adeline, qui a épousé le comte Wenceslas Steinbock, d’origine polonais, et dont l’intrigante Bette va lui attribuer un trouble passé dont elle aurait été témoin.
Aidée par une voisine de l’immeuble, Valérie Marneffe, les manigances de Bette vont monter en puissance, tout en restant affreusement hypocrite et affichant sa face la plus innocente vis-à-vis de la famille qu’elle est en train d’anéantir.
La toile d’araignée :
Ce fabuleux Balzac est l’histoire de la vengeance d’une femme amère et envieuse, et du venin de hargne qu’elle répand dans sa propre famille, pour se venger de son lot de solitude et frustration. C’est un récit réaliste dans lequel les sujets habituels du Balzac le plus sombre sont présents : La misère de l’être humain, la déchéance, l’hypocrisie et le calcul entre classes sociales, rien n’est épargné. Bette cache son jeu merveilleusement bien, pour exécuter ses sordides plans sans que à aucun moment ses projets tombent dans la caricature ou le grand-guignolesque.
Comme d’habitude chez Balzac, le début du roman est un lent set up, qui permet préparer et tisser cette fabuleuse toile d’araignée, ce piège que la cousine Bette a tendu à sa famille. C’est peut-être un peu long mais je recommande de persévérer, la fasse descriptive prend quelque temps mais, une fois les plans machiavéliques de Bette se mettent en route, l’action démarre, et les rebondissements s’enchainent à la façon d’un petit thriller avec contexte social et guerre de sexes dans le Paris du XIXe.
Ce roman fait partie des Scènes de la vie parisienne, couplé avec « Le cousin Pons », qui est un peu son penchant opposé dans le cycle des « Parents pauvres » : L’amertume et mesquinerie de Bette, contraste avec la gentillesse et ingénuité de Pons. Un des plus merveilleux classiques de Balzac.
Citation :
« La moitié de la société passe sa vie à observer l’autre. »








0 Comments