(1834)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Julie de Chastillon se marie amoureuse d’un cavalier de l’armée impériale, son cousin Victor d’Aiglemont. Mais les joies de ce mariage vont être de courte durée, et Julie sera très vite frustrée. N’éprouvant aucun plaisir sexuel, elle ne trouve pas le bonheur attendu dans ce mariage. Victor est un homme plutôt médiocre qui ne semble pas s’intéresser aux soucis de sa femme. L’apparition du séduisant Lord Arthur Grenville va compliquer d’avantage le petit monde de Julie. A l’approche de la trentaine, Julie fait un bilan décevant des options qui se présentent devant elle.
Une vie d’espoirs déçus :
Un Balzac plutôt mineur, avec de bonnes trouvailles stylistiques mais avec une réflexion un peu trop simple sur le sujet de l’émancipation de la femme, la recherche du bonheur et la satisfaction sexuelle dans le mariage. À demi-mots on évoque l’absence d’orgasmes chez Julie, la brutalité et les piètres habilités amoureuses de son rustre de mari. C’est un peu le ‘Mme Bovary’ Balzacien, mais quelque part la réflexion tombe à plat et parfois le roman sembla patauger sur le sujet central. Peut-être aussi qu’on est en 1834 et tout cela doit se suggérer, rien ne peut s’expliquer clairement. Sur le même thème le magistral roman ‘Une vie’ de Maupassant semble beaucoup plus abouti.
Les sujets principaux sont donc le mariage et l’insatisfaction féminine. L’amour idéalisé par la jeune femme, tourne vite en déception après le mariage, quand la triste réalité remplace les rêves romantiques. La femme est ignorée, et sa jouissance au lit considéré secondaire. Dans la nuit de noces, tous les espoirs bâtis le long des années de jeunesse, s’écroulent face à l’indifférence et la brutalité masculine. Liée à tout jamais par le mariage à une nullité de mari, qui cependant elle n’arrive pas à détester, c’est la chute de toutes les illusions romantiques.
La structure du roman, avec plusieurs parties très distinctes, n’aide pas à lui donner cohésion. L’idée est de présenter la femme à différents moments de sa vie et réfléchir aux déceptions qu’elle éprouve, mais le tout semble décousu. Le côté féministe du roman est bien accompli pour l’époque et c’est un bon moment de lecture, mais décidément il y a de bien meilleurs Balzacs.
Citation :
« Nous sommes, nous femmes, plus maltraitées par la civilisation que nous ne le serions par la nature. »








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