(Vanity fair, 1846/1847)
Traduction : Georges Guiffrey. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Becky Sharp et Amélia Sedley sortent du pensionnat, dans lequel ont vécu toute sa jeunesse, avec différentes prospections d’avenir. Amélia est riche et peut se concentrer sur sa quête de l’amour dans la personne de George Osborne. Becky, par contre, devrait utiliser d’autres moyens moins conventionnels pour faire fortune dans la vie. Le retour de Napoléon en France va bouleverser tout cet équilibre bourgeois et mettre tous ces personnages en première ligne des évènements historiques du début du XIXe siècle.
Le Guerre et Paix britannique :
Immense fresque de la société du début du XIXe, à échelle européenne, ce roman retracera tous les grands évènements de l’époque, tout en se concentrant sur les petites vies des personnages, secoués par ce tumulte.
La protagoniste de cette histoire est Becky Sharp, personnage inoubliable parmi les inoubliables. Une femme intelligente, perspicace et débrouillarde, mais ambitieuse et sans scrupules, qui va utiliser tous les moyens à sa portée (la séduction, la conspiration, le commérage, l’hypocrisie) pour s’élever progressivement en société. On sait que la chute l’attend au coin de la rue, mais cela ne fait que faire cette ascension d’autant plus délicieuse pour le lecteur. Pari réussi pour Thackeray, le lecteur est sous le charme de Miss Sharp, au même temps que le reste de personnages du roman. Peu importe quel principe moral elle va briser en miettes, on sera toujours avec elle.
L’ironie, le sarcasme, et une bonne dose d’humour sont présents dans ce chef-d’œuvre fabuleux. Thackeray va souvent nous faire réfléchir sur la différence entre les possibilités de choix qu’on a selon notre naissance. Peut-on blâmer Becky pour braver tous les interdits ? Avait-elle un autre choix ? Pouvait-elle se permettre d’être ingénue et penser à l’amour comme son amie Amélia ? Becky le dit elle-même a plusieurs reprises dans le roman : Elle pourrait se permettre d’avoir une morale si elle était née riche. Pas sûr.
Avertissement pour le lecteur : J’avais entamé ce roman il y a pas mal d’années, et je l’avais abandonné vers la page 100. Je trouvais ce début ennuyeux et j’étais découragé par le nombre de pages. Plus d’une décennie plus tard, je l’ai repris avec plus d’entrain. Même si le début est lent, ce qui vous attend est tout simplement une des meilleures œuvres de la littérature anglaise de tous les temps.
Citation :
« Aucun de nos lecteurs ne pourrait jusqu’ici accuser Becky, qui certainement n’est pas un dragon de vertu, d’avoir froissé en rien la bienséance des formes extérieures, et l’écrivain prie ses lecteurs de lui dire si jamais une seule fois il lui est arrivé de manquer aux convenances, et si dans la description de cette sirène à la voix enchanteresse, aux sourires trompeurs, aux irrésistibles séductions, aux artifices pleins de grâce et de coquetterie, nous avons fait paraître à la surface de l’eau les écailles hideuses du monstre ? Non, non : jamais. »








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