(The time machine: An invention, 1895)
Traduction : Henry-D. Davray. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lors d’une soirée avec des amis mondains, un scientifique présente à ces amis une machine de son invention, qui doit lui permettre de traverser le temps vers le futur et revenir. Le savant décide de la tester pour la faire arriver devant ses amis incrédules. La machine se met en route et l’homme débarque dans l’année 802.701, dans un futur où l’humanité à complètement changée, vivant dans l’insouciance et sans préoccupations. Le peuple des Eloi, semble avoir trouvé le parfait équilibre, mais un côté sombre se cache derrière la perfection d’une telle société.
Un futur avec des airs de passé :
A la même époque que le français Jules Verne explorait toutes les possibilités narratives dérivées de l’expansion scientifique, le britannique Wells livra un des romans fondateurs de la littérature sur les voyages dans le temps. Comme pour Verne, le roman a vieilli énormément, notamment sur la plausibilité des théories scientifiques qui propose, aujourd’hui plutôt risibles. Mais malgré ce petit côté naïf, il a quand même présenté les enjeux que vont, par la suite, influencer toute la narrative du voyage dans l’espace-temps dans tous les média, incluant le cinéma, dès ‘Retour dans le futur’ à ‘Dark’.
Donc, comme pour Verne, si on se lance dans la lecture de ‘La machine à explorer le temps’ il faut mettre notre petit cerveau scientifique de côté et simplement se laisser porter par les conventions du récit. En fait, le roman investi beaucoup de temps à parler des matériaux, des leviers et des boutons de la machine, et des différentes dimensions du temps, mais ne réfléchit pas énormément sur les implications philosophiques du temps lui-même. En réalité, toute la partie d’exposition et explication scientifiques auraient peut-être pu être épargnés ou écourtées, parce que plutôt que le voyage dans le temps, ce qui est vraiment intéressant dans le roman c’est le futur lui-même, et le discours social qui l’accompagne.
Notre protagoniste innomé se trouve dans un futur dystopique qui reflète clairement les maux de la société de l’époque. Les différences de classes et la rébellion communiste qui s’annonçait à la fin du XIXe siècle prennent le centre du récit. Mais aussi la futilité de l’homme bourgeois, condamné à la dégénérescence car son cerveau n’est plus sollicité, est explorée grâce à ce futur, que finalement ne sonne pas si étranger que cela. La portée métaphorique et la mise en garde des dangers qui attendent à notre société, sont introduites de façon un peu poussive, mais l’ensemble se tient.
C’est une lecture courte et facile, pas sans intérêt, mais qui a est devenu désuète notamment côté science-fiction, et qui d’un point de vue strictement littéraire, ne va pas trop loin, ni par son style ni par sa construction, ni par sa réflexion.
Citation :
« Je m’attristai à mesurer en pensée la brièveté du rêve de l’intelligence humaine. Elle s’était suicidée ; elle s’était fermement mise en route vers le confort et le bien-être, vers une société équilibrée, avec sécurité et stabilité comme mots d’ordre ; elle avait atteint son but, pour en arriver finalement à cela. (…) Il n’y a pas d’intelligence là où il n’y a ni changement, ni besoin de changement. Seuls ont part à l’intelligence les animaux qui ont à affronter une grande variété de besoins et de dangers. »








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