(1986)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Un bon matin, pour faire une farce à son entourage, un homme décide de se raser la moustache, qui porte fièrement depuis dix ans. Ce fait anodin va enclencher une suite d’évènements troublants, car personne semble remarquer l’absence de sa moustache, et pire : Tout le monde insiste qu’il n’en a jamais porté.
Paranoïa sur l’identité :
Notre protagoniste est perturbé lorsque sa femme lui annonce qu’il n’a jamais eu de moustache. Soit sa femme ment soit il est devenu fou. Mais petit à petit il remarque que tout le monde semble être d’accord avec sa femme. C’est peut-être un complot ? Il s’en suit une spiral démente, dans laquelle notre personnage principal fera une fuite en avant, pour faire face à toutes ses angoisses, et éviter de sombrer dans la folie.
Un roman simple et bien écrit, mais qui ne semble pas complétement abouti, et demanderait de raccourcir quelques passages redondants. Dans l’état il fait penser un peu à certaines œuvres de Paul Auster, qui plongent des personnages dans ses obsessions et jusqu’aux conséquences ultimes, mais je sens clairement que cela aurait marché beaucoup mieux en formule court récit, car on sent que les ficelles se rallongent un peu trop. Le plus que le mystère traine, le moins efficace qui est la réflexion sur l’identité qui essaie de faire ici Carrère.
Roman osé et original, même seulement partiellement réussi.
Citation :
« Il se savait pourtant sain d’esprit mais la plupart des fous entretiennent la même conviction, rien ne les en ferait démordre, et il n’ignorait pas qu’aux yeux de la société une mésaventure comme la sienne ne pouvait signifier que la démence. Alors qu’en vérité, il s’en rendait bien compte à présent, les choses étaient plus complexes. Il n’était pas fou. »








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