(The painted veil, 1925)
Traduction : Mme Émile-R. Blanchet. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Kitty Garstin, jeune superficielle de la haute société, qui adore le flirt et la fête, est contrainte par sa mère de trouver un mari. A 25 ans, Kitty voit le déclin de son univers insouciant et, par dépit, se marie avec un énième prétendant : le médecin Walter Fane, fou amoureux d’elle, et avec qui elle part à Hong Kong où Walter occupe un poste important comme médecin bactériologue.
Dans la colonie anglaise, Kitty reprendra ses habitudes mondaines et démarrera une liaison avec Charles Townsend, homme séducteur et marié, qui travaille pour l’administration coloniale. La relation entre ces deux amants aura des conséquences inattendues pour Kitty et son mari. Le futur du mariage va se décider dans une région chinoise isolé du monde, dans laquelle une épidémie de choléra fait des ravages.
L’amour au temps de choléra :
Aussi connu sur le titre ‘La voile des illusions’, sans doute plus près du titre original. ‘The painted veil’ est une phrase tirée d’un poème de Percy Bysshe Shelley, qui fait référence au voile qui masque la vie des êtres humains et qu’il ne faudrait pas ôter au risque de découvrir leur vraie nature.
C’est un merveilleux roman romantique aux allures de roman initiatique, situé dans un décor exotique. La partie la plus intéressante du récit est le parcours de cette jeune fille, qui dès la plus grande superficialité et vanité se trouvera à prendre des décisions drastiques qui feront d’elle une femme nouvelle. Un des arcs narratifs le plus intéressants et crédibles que je n’ai jamais lus. À côté d’elle, le personnage de Walter, le mari, au début insaisissable, car vu sous l’optique de la superficielle Kitty, va prendre des plus en plus de calques de complexité. Ses réactions vont s’avérer surprenantes, en donnant une nouvelle dimension à ce scientifique calme, qui semble toujours habité par les problèmes dérivés de l’exercice du métier de médecin, dans cette contrée du monde.
L’analyse psychologique de ce couple mal assorti est très pointue. Kitty sera partagée entre la position que lui permet son mari et le rêve que lui offre son amant. Walter sera partagé entre son devoir de médecin et son amour pour Kitty. Le destin du couple est imprévisible car Walter, conscient des problèmes qui hantent son mariage, préfère se concentrer sur l’importance du travail qu’il fait. Kitty est sidérée par cette attitude : le plus que Walter refuse de réagir, le plus que Kitty semblera le mépriser. L’épidémie de choléra qui se déroule dans une contrée chinoise obligera ce couple à faire face à leurs contradictions.
Le film qu’y est tiré en 2006, avec Naomi Watts et Edward Norton, est une représentation moyenne du roman, car malgré des bonnes interprétations, l’âme des deux personnages reste dissoute dans une intrigue trop simplifiée et hollywoodienne. Il en reste une belle ambiance et un décor bien exotique.
Le récit débute à Hong Kong en plein adultère de Kitty pour revenir arrière dans le temps, c’est la seule complexité qui exhibe ce roman, pour le reste l’écriture est fine et élégante en toute simplicité, avec bonnes doses de sensibilité et intelligence. Ce roman est un de mes choix de prédilection si je devrais recommander une épopée romantique/exotique.
Citation :
« Qu’y a-t-il donc dans le cœur humain qui nous porte à dédaigner ainsi l’être qui nous aime ? »








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