(1845)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Paris, 1572. Le mariage de Marguerite de Valois sœur du roi Charles IX) avec Henri de Navarre, futur Henri IV, n’a rien à voir avec l’amour mais avec la volonté politique de calmer la situation tendue entre catholiques et protestants lors des guerres de religion qui menèrent la France du XVIe siècle au bord du cataclysme. Mais ce jour de la Saint Barthélemy qui devrait apporter la paix devant le peuple en liesse, va finir plutôt en un massacre épouvantable des protestants, résultat d’un complot qui visait à en finir avec les huguenots à tout jamais. Marguerite connaîtra lors de cette journée funeste le début d’une idylle fulgurant avec le comte de la Môle, qui changera sa perception de la France et du monde.
Noces de sang :
En utilisant les évènements historiques comme à point de départ d’un conflit dramatique dans lequel s’entremêlent personnages réels avec d’autres imaginés, Dumas propose une réflexion sur la folie de l’homme et sa capacité de destruction. Le roman est riche en rebondissements, intrigues de cour, conspirations, romantisme exacerbée, jeu des poignards, violence et sang, et est sans doute une des œuvres le plus sombres de son auteur.
Marguerite de Valois est probablement un des personnages qui évoluera le plus le long du roman, son arc narratif nous mènera de la perplexité de se trouver mariée à un homme qui l’indiffère, à prendre son côté de façon déterminé, sans pour autant développer un vrai amour. C’est finalement l’évolution vers la maturité de la Reine Margot ce qui permet de tenir les enjeux dramatiques du roman.
Avec des personnages plus profonds et moins schématiques qu’à son habitude, Dumas nous sert un de ses travaux les plus percutants d’un point de vue psychologique, comme cette fascinante étude effectuée par Dumas, de l’inquiétante figure de Catherine de Médicis, et toute sa duplicité. Moins connu sans doute, surtout à l’étranger, que ‘Le comte de Monte-Cristo’ ou ‘Les trois mousquetaires’, ‘La Reine Margot’ reste à mon sens son roman le plus solide, équilibré et abouti.
Patrick Chéreau réalisa en 1993 une très belle adaptation cinématographique qui marqua les esprits. Le film capta bien cette atmosphère pesante remplie de violence qui caractérisa cette période, même s’il restait dans un terrain bien plus sombre que le roman (le bain de sang était quand même très graphique), ne retranscrivait le sens d’humour ironique de Dumas, et ne faisait pas entièrement justice à tous ses personnages secondaires. Évidemment, on ne peut pas résumer en deux heures un pavé de cette taille sans faire des concessions. Le film réunit un cast inoubliable composé entre autres par Isabelle Adjani (Marguerite de Valois), Daniel Auteuil (Henri de Navarre), Jean-Hugues Anglade (Charles IX), Vincent Perez (La Môle) et Virna Lisi (Catherine de Médicis).
Citation :
« Votre fils… et que suis-je donc moi ? un fils de louve comme Romulus ! s’écria Charles tremblant de colère et l’œil scintillant comme s’il se fût allumé par places. Votre fils ! vous avez raison, le roi de France n’est pas votre fils lui, le roi de France n’a pas de frères, le roi de France n’a pas de mère, le roi de France n’a que des sujets. Le roi de France n’a pas besoin d’avoir des sentiments, il a des volontés. Il se passera qu’on l’aime, mais il veut qu’on lui obéisse. »








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